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jeudi 16 octobre 2014

EXPOSITION "MARCEL DUCHAMP, LA PEINTURE MÊME", CENTRE GEORGES POMPIDOU, OCT. 2014.


https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cqpzoxR/rBA4KyL


Exposition visitée le jeudi 16 octobre 2014 avec et grâce à Sabine.

Marcel Duchamp, Blainville-Crevon, 28 juillet 1887 - Neuilly-sur-Seine, 2 octobre 1968.

Artiste considéré comme ayant "tué la peinture" (figurative) et promu la peinture "non-rétinienne", la peinture de l'idée.
Inventeur du musée portatif dans une valise ; du ready-made et moins connu pour avoir réinterprété le cubisme à sa façon (en mouvement ; influence de la cinématique, futurisme italien, 1904-1920).
Dernière œuvre : "La mariée mise à nu par des célibataires" ou "Le grand verre", 1968.
Il habitait au 71 rue Caulaincourt à Montmartre et a déménagé à Neuilly-sur-Seine plus tard où il meurt. 
Entretemps, il a vécu à Munich un an en 1912 et à New-York, 1915 jusque dans les années 20 (1925 ?).

Définition selon le dictionnaire abrégé du surréalisme par André Breton, 1938 : "Objet usuel promu à la dignité d'objet d'art par le simple choix de l'artiste".

En d'autres termes : il s'agit d'un objet non inventé par l'artiste, manufacturé, considéré comme un objet d'art.

Définition de l'exposition (ne sais plus si c'est celle de Duchamp) : "Un ready-made est un rendez-vous entre un objet, une inscription et un moment donné".

J'adore cette idée !!! On devrait tous faire au moins une œuvre comme ça : objet OU dessin + phrase qui n'a rien à voir mais qui correspond au moment donné. Enfin, c'est ce que ça m'inspire.

La boîte-en-valise (musée portatif) : il s'agit de mettre des reproductions en miniature des œuvres que l'on aime dans une boîte qui se ferme mais aussi des objets.



Je me souviens très bien que le journal pour enfants Astrapi (Bayard Presse) proposait cette activité dans des boîtes de sardines sans me souvenir de la mention de Marcel Duchamp. Dans tous les cas, cette idée vient bien de lui !



Cela me donne une idée : un journal d'activités créatives pour enfants, à tous les niveaux : mathématique (jeux de logique) ; littéraire (jeux narratifs) et arts plastiques entre autres, donc ; il y aurait de quoi faire !

Œuvres majeures de Marcel Duchamp  :


- Roue de bicyclette, 1913, premier ready-made "assisté".


- Porte-bouteilles, 1914, premier ready-made.


- Fontaine, 1917.


- Le Grand verre (la mariée mise à nu par des célibataires même), 1913-1923.



- Étant donné 1°) La chute d'eau 2°) le gaz d'éclairage, réalisée entre 46 et 66 à New-York et révélée au public en 1968, considérée comme sa dernière œuvre.


Quelques œuvres de Marcel Duchamp :

- Nu debout, 1910. Huile sur carton.
Période érotique, a fait une série de tubs qui n'est pas sans rappeler celle de Degas non cité au cours de l'exposition.


- Nu descendant un escalier, 1912.
Période cubiste cinétique.

 - Jeune homme triste dans un train, 1911-1912.
Période cubiste cinétique. Ce tableau est censé représenter un jeune homme triste en train de fumer une cigarette dans un wagon (autoportrait). Je vois très bien le wagon en mouvement mais rien du jeune homme en train de fumer. Une dame très sympa m'a prêté son audioguide : ça ne m'a pas plus aidée hélas à repérer quoi que ce soit. Une jeune femme a dit qu'elle voyait très bien le jeune homme. La guide a dit qu'il était vain de le chercher. Ah ah, sacré Marcel.



- La Broyeuse de chocolat, 1913.
Il a vu cette machine dans la vitrine d'une pâtisserie en Normandie.
Je pensais avoir pris une photo mais je l'ai apparemment perdue, ça me contrarie.


- Mariée mise à nu par ses célibataires même (date ?)


- Les neuf moules mâlic, 1914-1915.
Copié-collé du site de Beaubourg :
"Monumentale peinture sur verre, La Mariée mise à nu par ses célibataires, même( Le Grand Verre, 1915-1923, Philadelphia Museum of Art), l’œuvre la plus ambitieuse conçue par Marcel Duchamp, illustre l’impossible accouplement d’une « Mariée », soumise aux avances d’un groupe de « Célibataires ».
Au nombre de neuf, les membres de cette horde sauvage sont cantonnés, piégés, dans la partie basse du Verre. Avant la mise en chantier du Grand Verre lui-même (chantier qui durera de 1915 à 1923, date à laquelle l’œuvre sera considérée comme « définitivement inachevée »), Duchamp, avec les Neufs Moules Mâlic (cat. rais. 1, no328) se livre à une étude de ce qui apparaît comme le moteur, la centrale énergétique de sa grande machine (c’est bien de la mécanique amoureuse que traite Le Grand Verre).
Les « Célibataires » deviennent des « Moules Mâlic », des « matrices d’Éros », selon la loi de leur seule fonction qui est de former (mouler), un « gaz », collecté au sommet de leurs têtes, par un réseau de tubes nommés, comme il se doit, « capillaires ». Ce « gaz », congelé, réduit en paillettes, transformé en un nuage épais, sera expédié vers la « Mariée », provoquera son « épanouissement ». Avec ses Célibataires, Duchamp a voulu donner de la masculinité une image grotesque. Chacune de ses figures incarne une fonction de pouvoir, revêt un uniforme « viril ». Duchamp les a identifiées à leur revers : « cuirassier, gendarme, larbin, livreur, chasseur, prêtre, croque-mort, policeman, chef de gare ». Il a fait de la partie supérieure de son Grand Verr eun espace féminin, éthéré, placé sous le sceau de la spiritualité. Il lui a opposé sa partie inférieure, sa « machine célibataire », qu’il a qualifiée de « grasse et lubrique ».
Longtemps propriété de l’irréductible célibataire Henri-Pierre Roché, les Neuf Moules Mâlic ont été acquis par Alexina Duchamp (épouse de l’artiste), en 1956. Marcel Duchamp, grâce à sa « Mariée », a retrouvé ses « Célibataires ».

- Le Grand verre, 1913-1923 ou la Mariée mise à nu par ses célibataires même.
Œuvre qui l'a occupé pendant dix ans, insiste pour qu'on lise ses notes de 1934 : "La Boîte verte".
"Interprétation mécanique et cynique du phénomène amoureux ; refoulé incestueux ; poétique mallarméenne de la désincarnation ; machine célibataire à l'intérieur d'une économie libidinale".
L'œuvre est inamovible et se trouve au Musée de Philadelphie ; les reproductions sont autorisées par Duchamp.
La partie supérieure symbolise "la Célibataire ; la pureté, la Vierge arrivant au terme de son désir de jouissance".
La partie inférieure symbolise  "la Mariée" et son "épanouissement".

À venir (avec un peu d'optimisme) : le résumé du Grand verre, visite guidée, de Jean Suquet.

Quelques influences picturales de Marcel Duchamp :

- Félix Jacques Moulin, Reflet au miroir, Narcisse, 1850.

- Manet, impressionniste.

- Matisse et Derain, Fauvisme, Scandale de la "Cage aux Fauves", 1905.

- Matisse, Le Luxe, 1907 ;

  

- Matisse, la Danse, 1909



- Matisse, la Musique, 1910 (œuvres absentes dans l'expo).

- Odilon Redon versus Cézanne (qui lui, influence les jeunes cubistes).

- František Kupka dit François Kupka (peintre tchèque mort à Puteaux), Les Nénuphars, 1900. Aquatinte en couleurs sur papier.

- Georges Braque, cubiste, qu'il considère comme un chimiste ayant travaillé sur les combinaisons de couleurs et d'huile ; sa peinture, comme une géométrie sans théorie.

- Fernand léger, à propos de qui il remarque qu'il n'a jamais peint de cubes (pour un cubiste).

- Francis Picabia, Portrait de Marie Laurencin, four in hand, 1916-1917.
Une phrase lisible : "À l'ombre d'un boche".
À propos de Picabia qui est son ami : "Francis Picabia est une vis qui a des vices", 1949.
Rappel : Marie Laurencin est la muse de Guillaume Apollinaire.  Elle est peintre et poète elle-même et j'ai raté une des rares expositions qui lui était consacrée au Musée Marmottan Monet en 2013 (quel dommage !).

- Georgio de Chirico, qui a évité le fauvisme, le cubisme et a inventé la peinture métaphysique (j'aime beaucoup les concepts de Chirico mais je trouve sa peinture froide et manque d'humour).

- Lucas Cranach le jeune, peintre allemand du XVIème siècle, pour la couleur de la chair de ses nus. Duchamp a vécu à Berlin.

Exemple non présent dans l'expo : Les trois grâces.

- Vassily Kandisky, peintre russe. Berlin est le berceau de l'abstraction où Kandisky s'est rendu (avant Paris).

- Alberto Martini, série1904-1906 :

- La Parabole des célibataires, 1904.

- L'amante abandonnée, 1906.

- La Vierge vendue, 1905.


- La Vénus exhumée, 1904.

- André-Pierre Pinson, Femme assise anatomie du thorax et de l'abdomen, 1750.

Quelques influences littéraires de Marcel Duchamp :

La littérature autour du thème de la machine l'a influencé :

- L'Ève future, 1886, d'Auguste de Villiers de l'Isle-Adam (auteur pré-symboliste et ami proche de Mallarmé), dont le résumé sur Wikipedia m'incite à penser qu'il devrait faire partie de ma bibliographie sur la thématique de "l'Amour d'une image dénuée de raison" :
"Le jeune Lord Ewald tombe amoureux d'une femme très belle mais très sotte. Afin de remplacer cette femme dans le cœur du jeune homme, l'ingénieur Edison fabrique de toutes pièces une andréide qui ressemble physiquement à son modèle humain, mais qui lui est spirituellement bien supérieure."

- Le Surmâle, d'Alfred Jarry, 1902.
Résumé : traite de l'amour et des performances sexuelles de l'homme. Le surmâle est l'homme qui, nourri d'une alimentation spéciale, "la perpetual-motion food", peut faire l'amour plusieurs fois, tel une machine.
« C'est cette passivité de pierre qui tombe que l’homme et la femme appellent l'amour". 

- Impressions d'Afrique, Raymond Roussel, 1009.
Roman écrit sous contraintes. Il faut commencer à la page 147, soit la deuxième partie du roman.
Œuvre reconnue des Surréalistes, Alain Robbe-grillet et de l'Oubapo (ouvroir de bandes dessinées potentielles). A fortement influencé l'œuvre du Grand verre.

- Stéphane Mallarmé, poète symboliste.

- Jules Laforgue (il aime surtout ses titres de poèmes qu'il juge contemporains, mélancoliques et ironiques). Je suis d'accord : moi aussi j'adore ses titres et pas sa poésie (sans doute étais-je trop jeune, je le relirai un jour), j'ai échoué en colle sur un de ses poèmes, je ne me souviens même plus duquel.

Exemples de titres originaux de poèmes issus du recueil, Les Complaintes, 1885 :

Complainte des pubertés difficiles.
Complainte de l'automne monotone.
Complainte des nostalgies préhistoriques.
Complainte du pauvre Chevalier-Errant.
Complainte des formalités nuptiales.
Complainte des Blackboulés.
Complainte du Vent qui s'ennuie la nuit.
Complainte du pauvre corps humain.
Complainte des Grands Pins dans une villa abandonnée.
Complainte de la ville de Paris.
Complainte des Débats mélancoliques et littéraires.
Complainte des Complaintes.

Je reviendrai sur lui plus tard (un jour).

- Guillaume Apollinaire, son ami. "Zone", premier poème d'ouverture d'Alcools, 1913.

Extrait (mais c'est bien sûr le décalage entre le passé et la modernité qui intéresse Duchamp) :

Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t’apercevoir du mensonge et de l’âge
Tu as souffert de l’amour à vingt et à trente ans
J’ai vécu comme un fou et j’ai perdu mon temps
Tu n’oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j’aime sur tout ce qui t’a épouvanté

Charles Webster (prêtre anglican théosophe excentrique) et Annie Besant (écrivain féministe socialiste britannique théosophe), Les Formes-Pensées, 1905.
L'extrait donné dans l'expo est celui portant sur la symbolique de la couleur jaune, symbole de l'intelligence.  
L'œuvre intégrale traduite de l'anglais ici :

La signification des couleurs selon ce livre contient des associations très communes mais propose des interprétations originales à partir des combinaisons entre les couleurs. Celles-ci étant très complexes (et drôles), je ne reprends que les idées communes :

Noir = haine, méchanceté.

Rouge = colère ; passions animales ; désirs sensuels.

Brun clair = avarice.

Gris profond = dépression.

Vert = adaptation ; sympathie.

Rose = affection. Rose + gris = amour égoïste. Rose + bleu = amour fraternel de tous les hommes.

Orange = Ambition ; Orgueil.

Jaune = intelligence. Jaune ocre foncé : Intelligence + égoïsme. Jaune clair : intelligence spirituelle pure.

Bleu = dévotion ; sentiments religieux. Bleu + gris = fétichisme teinté de crainte, etc.

Violet = Affection + adoration.


Extrait choisi par moi :

"Par conséquent, la pensée rebondit vers celui qui l'a générée avec une

force proportionnelle à l'énergie employée pour la projeter. C'est pourquoi

il est dit qu'un cœur pur et un esprit élevé sont les meilleurs protecteurs

contre l'assaut des pensées de haine, car le cœur et l'esprit purs construiront

un corps astral et un corps mental composés de matière fine et subtile, et ces

corps ne peuvent répondre aux vibrations qui appartiennent à la matière

lourde et grossière. Si une pensée haineuse, mise en mouvement pour des

fins perverses, se trouve frapper un corps pur comme celui dont nous venons

de parler, elle est repoussée et rebondit en arrière de toute son énergie ; elle

prend la ligne de moindre résistance qu'elle vient de traverser et, arrivant

jusqu'à celui qui l'a générée, le frappe."

Le style est totalement plagié par Marcel Duchamp, l'effet est comique. 


- Jean du Breuil, La Perspective pratique nécessaire à tous les peintres, 1663.

- Salomon de Caus, La Perspective avec la raison des ombres et des miroirs, 1612.

Autres influences de Marcel Duchamp :

- L'érotisme

- Les échecs : fasciné par les pièces du jeu ; il y consacre de nombreuses œuvres et l'on peut voir une sculpture très travaillée de son frère d'une pièce de cavalier, le Cheval majeur par le frère de l'artiste, Raymond-Duchamp Villon (Sabine l'aime beaucoup) :


Je pensais l'avoir pris en photo mais point de trace, zut !

- L'ésotérisme

Assistant à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de mai 1913 à juin 2015, avant son départ aux États-Unis, il dévore tous les livres concernant :

- la Géométrie
- les Mathématiques
- la Perspective
- l'Optique

Il s'intéresse particulièrement à la géométrie à quatre dimensions.

- La Pataphysique.

Ce que m'inspire Marcel Duchamp:   

            Marcel Duchamp est un intellectuel de première réduit à tort comme un artiste rebelle et provocateur produisant des œuvres absurdes.

            Il vient d'une famille bourgeoise d'artistes à commencer par son grand-père maternel, sur sept petits-enfants dont il fait partie, quatre sont devenus des artistes dont un frère sculpteur et une sœur, peintre. Il réussit brillamment son baccalauréat mais échoue à l'entrée des Beaux-Arts (!!!) et est contraint de travailler dans une imprimerie à Rouen avant d'obtenir son diplôme d'impression de gravures : c'est un autodidacte.

            Il s'est forgé son propre savoir savant en lisant tout ce qu'il pouvait lire sur la géométrie et plus particulièrement sur la perspective et l'optique à la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

            Je comprends qu'il est dit de Marcel Duchamp qu'il a "tué la peinture" : il a tout intellectualisé. C'est à cause de lui si l'Art est devenu une affaire conceptuelle et intellectuelle. C'est l'Art invisible. C'est à cause de lui, l'autodidacte, s'il faut posséder un bagage en philosophie et géométrie pour parvenir à comprendre une œuvre contemporaine qui ne représente plus rien de reconnaissable dans le réel. C'est lui l'autodidacte qui a influencé l'art moderne d'aujourd'hui. Faire des études d'arts plastiques aujourd'hui, ce n'est pas savoir dessiner, c'est maîtriser les techniques du passé histoire de prouver que l'on est au courant de la conception de l'Art selon ses prédécesseurs et savoir réfléchir, penser, réagir de façon moderne par rapport à notre époque.  

            Marcel Duchamp m'inspire ce que la poésie m'inspire. Sortir du carcan de la communication et innover pour exprimer son univers personnel. Duchamp est à la peinture ce qu'est Mallarmé à la poésie.

            Je n'aimais pas Duchamp avant parce que je ne savais rien de lui hormis ses deux ready-made les plus célèbres dans mes manuels d'histoire : Fountain (Fontaine mais ce sont les New-Yorkais qui ont popularisé Duchamp) et Porte-bouteilles.

            J'aime Duchamp aujourd'hui grâce à cette exposition (merci Beaubourg et mon amie Sabine qui m'a permis d'y accéder gratuitement parce que oui je suis une néo-prolétaire n'ayant pas accès à la culture facilement) parce qu'il m'inspire l'idée de créer mes propres œuvres même si hélas, je n'agis pas pour l'instant. Merci Marcel, tu es un génie, c'est vrai. Ce ne sont pas tes œuvres que j'admire, c'est ton cheminement, ta singularité, ta curiosité vers le savoir, ta créativité, ton humour. Merci.


Souvenirs de l'expo Marcel Duchamp :

 - Le Grand verre, visite guidée, de Jean Suquet, Editions L'Échoppe, collections Envois, 1992.
3,50 euros (vendu 6 euros sur Amazon).


- Une carte postale représentant le flacon/la fiole avec inscrit "Air de Paris" visible dans sa boîte.

J'aurais aimé acheter :

 - Marcel Duchamp, Francis Olislaeger, Éditions du Centre Georges Pompidou, octobre 2014 (créé pour l'exposition).
20 euros (19 sur Amazon).

mercredi 3 septembre 2014

ACHETER DU PAPIER RECYCLÉ POUR IMPRIMANTE DE 500 FEUILLES DANS L'URGENCE...

Dans l'urgence, c'est bien connu, on fait n'importe quoi...

J'ai fait le tour autour de chez moi :

MONOPRIX RUE DE BELLEVILLE, MÉTRO JOURDAIN.
- Papier pour imprimante NON recyclé de la marque Chatelles made in France : 5 euros.
Donc pas de papier recyclé pour imprimante dans ce Monoprix !

OFFICE DÉPÔT RUE DE BELLEVILLE, MÉTRO PLACE DES FÊTES.
- Papier pour imprimante RECYCLÉ de la marque Office dépôt made in Netherlands : 5, 27 euros (ce que j'ai acheté).
Et de la marque Clairefontaine made in France (pour relancer la croissance) : 5,39 euros

CARREFOUR PYRÉNÉES-MÉNILMONTANT :
- Nada : rien. Aurais-je mal regardé ???

Et sur internet...

DARTY
- marque Chatelles RECYCLÉ made in France : 5,99 euros.

FNAC
Xerox, Recycled Supreme : 6,90 euros !

Tous les autres à moins de 5 euros sur internet sont à acheter en gros...

BILAN : Si quelqu'un a un bon plan de papier recyclé pour imprimante de 500 feuilles à 5 euros à me recommander, je suis preneuse !
Pour relancer la croissance et aider notre pays à s'en sortir donc à NOUS en sortir, il faudrait acheter français donc du papier pour imprimante de marque Clairefontaine ou Chatelles. 
Mais à moins de 2000 euros par mois, oui j'en suis à 12 centimes près dans ma vie de tous les jours. Qu'on baisse les prix des produits français ou qu'on augmente mon pouvoir d'achat !

jeudi 3 juillet 2014

Exposition Martial Raysse : l'œuvre d'un artiste pleine de virtuosité...sans âme.

Expo Martial Raysse le jeudi 3 juillet avec Sabine, Centre Georges Pompidou.

Je ne connaissais Martial Raysse qu'à travers son œuvre la plus célèbre : Made in Japan, la Grande Odalisque (tableau d'Ingres revisité). Alors oui, j'adore. J'adore le fait qu'il ait utilisé du tissu réel et des bijoux réels. Le rendu est vraiment beau. Les couleurs éclatantes. Le vert ne choque pas du tout car l'ensemble est harmonieux.



Après avoir vu plus de deux cents de ses œuvres, je suis repartie de cette exposition triste et frustrée.
Martial Raysse est sans aucun doute un virtuose de la couleur, un génie dans la mesure où il montre qu'il maîtrise plusieurs techniques notamment en pastichant certaines œuvres de grands maîtres et donc plusieurs époques, diverses techniques.
Je n'ai d'ailleurs pas la culture suffisante pour prétendre avoir su distinguer son œuvre personnelle des références.
En revanche, je pense que j'ai suffisamment d'âme pour savoir que...je n'ai rien ressenti.
Faut-il être intelligent pour apprécier l'art ou sensible ? Les deux, sans aucun doute.
Toutefois je tends à penser qu'une belle œuvre devrait toucher n'importe qui de façon universelle et que l'intelligence ne sert qu'à analyser et exprimer ses émotions, autrement dit à enrichir sa perception. Pas à la créer.
Mais apparemment je suis passée à côté d'un peintre-poète. Une internaute qui fait référence à la citation ci-dessous de l'artiste dit s'être "régalée" lors de cette exposition. Je l'envie. Moi, je m'y suis royalement ennuyée.

"Il faut comprendre que je suis poète avant tout. J'ai des émotions poétiques, qui se traduisent par une mise en image, un peu comme une photo qui se développe.

le problème, c'est de mettre des mots sur les choses que les mots ne peuvent pas traduire. La peinture m'intéresse parce que c'est un langage sans parole. C'est pour ça que je suis devenu peintre, sinon je serais devenu écrivain. la peinture est un langage universel". Martial Raysse.


Il n'y a en effet souvent aucun lien sensible ni intelligible entre l'œuvre et son titre.
L'exemple qui m'a le plus marquée est une nature morte dépourvue d'intérêt (j'aurais dû prendre une photo pour espérer un contradicteur) intitulée : "Beautiful" ou "Beautiful life", un truc comme ça. Évidemment, impossible de la trouver sur internet. Ce n'est pas comme si j'étais insensible aux natures mortes qu'on pourrait juger ennuyeuses par définition : je suis déjà restée béate d'admiration devant certaines même si c'est vrai je ne me suis jamais dit que j'en voudrais une dans mon salon.
La vie peut être simple et belle devant de beaux fruits ou de beaux mets, j'en conviens tout à fait. Je suis quelqu'un de très prosaïque trouvant la poésie dans toutes les belles choses du quotidien. Néanmoins et je suis désolée de ne pas pouvoir partager ma frustration avec vous : je n'ai rien ressenti de tel devant cette nature morte de Martial Raysse.

Un autre exemple est un tableau représentant un homme déguisé en Batman au-dessus de cascades magnifiquement peintes. Les couleurs sont magnifiques. De nouveau, impossible de retrouver cette œuvre sur internet ayant oublié le titre qui n'avait de toute façon rien à voir avec ce qui était représenté. Taper sur Google "Batman + cascades + Martial Raysse" ne m'a conduite à rien. On aurait pu penser à une pointe d'humour bien sûr, sauf que ça ne m'a pas fait même sourire.
Peut-être que ce tableau fait référence à un autre très grand tableau et que Martial Raysse a détourné le personnage principal en Batman ? Même si c'était le cas, je n'y vois pas l'intérêt. En tout cas, lui, oui puisqu'il a dû passer des heures de travail dessus.

Enfin, je songe au palmier en plastique planté sous et au milieu d'une tente avec des signes comme des X et des Y (peut-être même des Z) peints ou projetés sur la tente. Il nous est expliqué que c'est suite à un voyage qu'est venue l'idée à Martial Raysse de...Pardonnez-moi mais j'ai oublié une semaine après. Je crois avoir retenu que le ciel étoilé magnifique de là-bas lui a inspiré ces symboles. Trop de fumette dans le désert ?

Malgré tout, UNE œuvre a provoqué en moi de du mystère, de l'intrigue et du désir (prise sur le site de la bloggeuse déjà citée) :


Enfin un tableau avec du maaaal :) Je ne sais pas comment l'exprimer mais oui j'ai trouvé l'œuvre de Martial Raysse trop lisse dans son ensemble d'où ma perception de peinture "parfaite sans âme".
Un peu comme un élève trop scolaire ne m'inspire rien dans mon travail quand les élèves pleins d'esprit et pas forcément excellents me passionnent. Ce tableau n'est pas à proprement parler "beau" mais il interroge, il anime. Ça me fait clairement penser à la Cène du Christ mais entre Gitans.  À la différence qu'ils sont dix et non douze. Le Judas serait celui en retrait debout à droite. Marie-Madeleine la serveuse les fesses à l'air, très excitante(s).

Bon voilà, assez parlé de cette exposition.








mardi 29 octobre 2013

POEME : L'OR HUMAIN.


On m'a demandé : Étrangère,

Qu'es-tu venue chercher dans ce pays

Où la femme ordinaire est couverte de la tête aux pieds,

Qu'il fasse chaud ou qu'il fasse froid ;

Où les enfants pauvres travaillent beaucoup mais ne rêvent pas ou plus ;

Où les enfants riches rêvent beaucoup mais ne travaillent pas ;

Où les hommes violent ton âme à cause d'un bras nu ;

Où les gens ne sont pas convaincus que deux et deux fassent quatre,

Mais que si Dieu le veut, inch'Allah, qu'il en soit ainsi et Al hamdoulillah !

Où des chats par centaines, le poil et les yeux malades,

Se nourrissent des déchets jetés dans la rue ;

Où le bruit incessant des klaxons t'obstrue les tympans ;

Où prendre un taxi est quasiment une tentative de suicide ;

Où la poussière obscurcit ta maison, tes pieds et ta vue ;

Où la liberté de penser par soi-même est une triste inconnue ?
 
J'ai répondu : Frère,

Je suis venue chercher dans ton pays des trésors humains.

Je suis venue chercher des frères et des sœurs

De pensées et de cœur,

Pour démontrer par l'expérience de l'Amitié,

Que ni la nationalité, ni la culture, ni la couleur,

Ni la religion n'ont une quelconque importance.

Je suis venue chercher des preuves humaines

Que l'humanité avait bel et bien un sens

Et qu'il était grand et beau ;

Je suis venue chercher des cadeaux de chair et de sang,

Dont je ne connais encore ni la forme ni le nom,

Mais dont j'ai toujours connu le fond.

Je suis venue rencontrer des êtres rares et chers,

Dont l'Âme n'est pas à vendre ;

Certes disséminés mais présents

Au milieu de cette masse informe et absurde de moutons

Bêlant involontairement jour et nuit.

Diplômés ou non ; riches ou pauvres.

Ils sèment sans doute l'humanité avec plus de difficulté,

Mais ils sont là, tout à fait là, je les sens.

L'intelligence du cœur est internationale

Et n'offre pas de diplômes de certification

Autres que ceux de la Vie.

Ceux que je recherche n'aiment pas le bruit,

Épris de liberté, de justice, d'amour, de musique et de poésie,

Ils sont souvent prisonniers par le carcan de leur gouvernement

Ou bien de leurs croyances et leurs traditions.

Je suis venue chercher l'Or humain dans ton pays

Que tu peux nommer à ta guise Humanité.

Malheureusement je suis parfois confrontée

À mes propres faiblesses :

Mon manque de patience et ma propre intolérance

M'empêchent parfois de le trouver plus facilement.

Que cela ne tienne. J'y travaillerai moi-même.

Je ne repartirai pas sans l'avoir trouvé.

Et crois-moi, Allah n'aura rien à voir là-dedans.


Le Caire, mardi 29 octobre 2013, 23h35.