Un blog pour se remuer les neurones et se secouer les fesses !
Un blog pour encourager tous ceux qui n'ont pas envie de se laisser aller avec non-garantie de succès, ni pour eux, ni pour moi-même. ;-)

jeudi 5 avril 2018

CONFERENCE SUR LA CONSCIENCE IMAGEANTE SELON SARTRE, DE J-F RIAUX, AU PAVILLON DU CARRE BAUDOIN, LE 5/04/2018.

Conférence sur la conscience imageante selon Sartre, de Jean-François Riaux, le jeudi 5 avril 2018 au Pavillon du Carré Baudoin.
I- ou II * LA CONSCIENCE IMAGEANTE SELON SARTRE : L’IMAGE VERSUS LE RÉEL.

Madame Bovary, Flaubert, 1957.
Cette représentation de Mme Bovary est idéale selon moi et seule une collection jeunesse y a pensé, bravo ! Je suggère à une collection adultes, moi, K@m la Killeuse, un tableau tel que "La lectrice soumise" de René Magritte (1928) ou pour être plus proche du XIXème, un portrait en effet de femme lisant mais en NB. http://artmic.eklablog.com/les-femmes-et-la-lecture-dans-la%E2%80%A6


 (*30 mn de retard à cause d’un rendez-vous avec un parent et un élève qui ne sont pas venus et que j’ai attendus jusqu’à 18 heures...Trente minutes durant lesquelles il était apparemment question de Madame Bovary, aliénée par son imaginaire, sujet qui m’intéresse particulièrement puisque je voudrais travailler sur la capacité et le pouvoir de l’illusion littéraire à modifier le réel ou le Syndrome de Don Quichotte, sachant que Madame Bovary est une réécriture de Don Quichotte.
https://www.universalis.fr/encyc…/imaginaire-et-imagination/
http://apprendre-la-philosophie.blogspot.fr/…/imagination-e…
http://obvil.sorbonne-universite.site/corpus/critique/gaultier_bovarysme
https://www.ebook-gratuit.co/gustave-flaubert-madame-bovary-epub-pdf/
http://www.theatre-bastille.com/saison-12-13/les-spectacles/bovary_2
(Déçue d'avoir raté cette pièce parce que je devais recevoir des personnes chez moi le dernier jour de représentation (le 28 mars 2018 au Théâtre Bastille), Aïcha est allée la voir et l'a trouvée intéressante).
*L’imagination est une capacité de retrait, de soustraction au réel.
Capacité d’oubli de ce qui est perçu (par les sens).
Nous sommes là mais ailleurs.
Husserl : réduction phénoménologique.
Nous avons une vie mentale active.
Ex : regard vide d’un individu dans transports en commun signifie qu’il se trouve ailleurs.
http://psychanalyse-paris.com/Reel-imaginaire-et-symbolique…
http://philo-paris.com/…/le-7-aout-2011-le-debat-sera-anim…/ (j’aime beaucoup l’intervention du dernier participant, Nicolaï : « Je dirais, pour tenter de synthétiser : La réalité est l’ombre portée du réel sous le soleil de la perception ».
Comment se produit l’image mentale (selon Sartre) ?
*de façon immédiate.
Ex : Monument connu (ex du Panthéon de Sartre repris à Alain), personnage célèbre, etc.
Le mot précède l’image immédiate.
*toutefois, distinction entre mots simples et représentations plus complexes.
Ex : Atome. Je rajoute : les graines des végétaux.
Microscopic seeds, Photographer : Ms. Yanping Wang.
Photographer : Rob Kesseler, UK, 2014.
https://insteading.com/blog/microscopic-images-seeds/…
*Distinction entre image réelle différente d’une image mentale.
Ex : On peut se représenter une personne absente de la photo ou penser à des choses au-delà de l’image.
La Trahison des Images, René Magritte, Bruxelles, 1929.                                                                            «La fameuse pipe, me l'a-t-on assez reproché !, expliquait Magritte en 1966. Et pourtant... pouvez-vous la bourrer, ma pipe? Non, n'est-ce pas, elle n'est qu'une représentation. Donc, si j'avais écrit sous mon tableau «Ceci est une pipe», j'aurais menti.» Un objet représenté est pris pour la chose elle-même alors qu'en réalité elle n'est qu'une image. https://yoannhervey.com/2015/09/08/ceci-nest-pas-un-article-a-propos-de-ceci-nest-pas-une-pipe-de-michel-foucault/  Ceci n'est pas une pipe : sur Magritte, publié en 1973 aux éditions Fata Morgana ici : https://monoskop.org/images/9/99/Foucault_Michel_This_Is_Not_a_Pipe.pdf
"UNE CARTE N'EST PAS LE TERRITOIRE", Alfred Korzybski, 1933.
http://www.lyber-eclat.net/lyber/korzybski/preface_editeur.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Korzybski
https://www.capitalrh.fr/La-carte-n-est-pas-le-territoire-_a81.html 
La Clé des Songes, René Magritte, Bruxelles, 1927.                                                                                         Ce que j'aime dans ce tableau, c'est que le ciel, on l'enferme dans un sac mystérieux, que la liberté de l'oiseau, on la coupe (ses ailes) = ambiance de polar et que derrière la table, on n'oublie pas l'arbre dont elle est fabriquée de même pour l'éponge même si c'est le seul élément qui semble "correct" sur le fond et la forme : on a tendance à oublier qu'"une éponge de mer naturelle", c'était à la base un ANIMAL vivant. Saviez-vous que les éponges de mer étaient les plus vieux animaux sur terre ? https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/parmi-les-animaux-vivants-l-eponge-de-mer-est-notre-plus-ancien-ancetre-etude_118779  
Le Miroir vivant, René Magritte, 1928.                                                                            http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/34531/ANM_2008_125.pdf?seq
La Clé des Songes (n°2), 1930.                                                                                                                 Ambiance Cluedo ! "Grand lecteur de Stevenson, adorateur de Poe (qui ressentait comme lui une prédilection pour le mystère, dut-il surgir de situations banales, mais toujours inattendues) et de Lautréamont dont il illustrera Les Chants de Maldoror, Magritte s’engagera de plus en plus dans la « recherche systématique d’un effet poétique bouleversant qui, obtenu par la mise en scène d’objets empruntés à la réalité, donnerait au monde réel à qui ces objets étaient empruntés, un sens poétique bouleversant par un échange tout naturel . http://samuelmenetrier.blogspot.fr/2007/01/analyse-de-la-clef-des-songes-de-ren.html  
*Distinction entre chose réelle et perception.
Étant donné que chaque angle donne une perspective différente du réel sans compter l’état d’esprit dans lequel l’individu se trouve au moment de sa perception. Autant de perceptions singulières/différentes que d’individus. Cela me fait penser à La Modification parce que dans ce roman, le personnage principal est dans un train et imagine ce que pense chaque personne autour de lui qui devient alors un pur personnage fictif issu de son imagination : J'ADORE. Lorsque je le fais dans les transports moi-même, je pense à lui (au roman).

La Modification, Michel Butor, 1957, Éditions de Minuit (nouveau roman).
*“Le champ du réel déborde/dépasse toujours le champ de l’expérience (limitée) et la conscience d’un individu ». 
Ce n’est pas à partir de la conscience imageante qu’on peut en déduire le réel, autrement dit des connaissances objectives.
Selon Sartre, « Nous ne pouvons pas apprendre plus que ce que nous savons déjà » (à partir de sa conscience imageante, d’une image mentale).
Réflexion perso : je me suis tjrs demandé si on pouvait apprendre des choses qu’on ne savait pas (en tant que connaissances du réel) grâce à ses rêves mais je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier car j'ai toujours oublié de noter ce que j'avais cru apprendre. Énervant. Normalement non mais j'ai eu souvent l'impression d'apprendre des choses que je ne savais pas pendant que je rêvais.
*L’image n’est pas figée : on peut animer une image mentale par des éléments et des événements imaginaires.
Sartre parle de « ductilité », la propriété (ici de l’image) à s’étirer sans se rompre.
https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-ductilite-2074/
http://www.24-carats.fr/ductilite.html
*L’affadissement des images : telle image peut nous inspirer à une époque de notre vie et plus à une autre.
Photo mise par défaut parce qu'elle me fait rire aussi. J'aurais voulu mettre des photos de la Cité internationale, du quartier de l'Opéra, du Panthéon, de Ménilmontant (et plus précisément d'un banc, de la rue Boyer et de la piscine Alfred Nakache), de Paris III, etc. etc. Mon amour pour Paris est infini. J'ai habité le Vème, le VIIème (à la frontière du VIème), le VIIIème, le XIème (à la frontière du XXème), le XIIIème, le XIVème, le XVIIIème et enfin, le XXème (à la frontière du XIXème).
Ex perso : Chaque quartier de Paris où j'ai aimé m'évoque une personne et des souvenirs, donc des images, qui s'y rattachent. La Cité internationale (je ne pense plus au passé à chaque fois que j’y vais donc je ne pleure plus de nostalgie). Le quartier de l’Opéra (j’y ai caressé les fesses de Pierre une centaine de fois et nous avions toujours rendez-vous devant la boutique de bijoux Maty, à l’angle). Du Panthéon (j’ai habité rue de l’école polytechnique juste à côté), etc. J’ai déjà écrit à ce sujet.
*La conscience imageante est une « totalité irréelle », qui traduit l’intention d’un sujet, sa visée intentionnelle.
Formule sartrienne : une conscience imageante « irréalise » le réel. C’est le point qui m’intéresse le plus, évidemment.
« Faire comparaître l’image d’une chose devant soi pour la posséder » afin...de ne pas la posséder vraiment et fuir les difficultés réelles de la posséder. 
Se donner des choses à soi-même afin de compenser la réalité (Sartre/Freud : fantaisie/fantasmes, etc.).
Ex auquel je pense : dans Gros-Câlin de Romain Gary, le personnage principal s’invente une histoire d’amour avec sa collègue (comme Don Quichotte et sa Dulcinée).
Freud : Artistes et « fous », etc.
Alternatives au réel pour le fuir (adversité, altérité, difficultés, etc.).
En conclusion, Sartre dévalorise beaucoup les images créées par la conscience imageante.
II ou III– LIMITES ET CRITIQUES DU POINT DE VUE DE SARTRE : L’IMAGE FABRIQUÉE DÉPASSE L’INTENTION DU SUJET.
Il ne s’intéresse pas à l’image poïêtique (du grec poíêsis), autrement dit créée, fabriquée, comme la photographie par ex. Fabrication d’images.
*L’image produite dépasse le champ de la perception : l’image montre plus que ce que nous savons. Parfaitement d'accord ! C'était un de mes objets dans mon projet de thèse sur le Syndrome de Don Quichotte.

*Selon Riaux, Sartre ne tient pas assez en compte l’apport sur le réel de l’image fabriquée et particulièrement la photographie.
Ainsi, dans une photo prise sur le vif, nous pouvons avoir des éléments nouveaux sur le réel.
Ex 1. Doisneau.
Le Baiser de l'Hôtel de Ville de Robert Doisneau, Paris,1950.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2005/05/06/le-douloureux-baiser-de-robert-doisneau_646820_3232.html

Ex.2 : Ronis.
Les Amoureux de la Bastille de Willy Ronis, Paris, 1957.
http://www.polkamagazine.com/raconte-moi-une-image-les-amoureux-de-la-bastille-de-willy-ronis/
Marché aux Puces de Vanves, Willy Ronis.
Place Vendôme, Willy Ronis, 1947.
Lorraine Hiver 1954, Willy Ronis.
https://www.la-croix.com/Culture/Expositions/Willy-Ronis-160-photos-dune-oeuvre-humaniste-2016-12-12-1200809894

*Chronophotographie.

"Cavalier arabe" d’Etienne-Jules Marey, 1887.
 https://www.histoire-image.org/fr/etudes/decomposition-mouvement

"Chronophotographie du coureur" de Georges Demeny, 1902-1907.
https://www.histoire-image.org/fr/etudes/sport-photographie-scientifique

*La photo instantanée implique la surprise, le hasard, l’accident.
Ex : Duchamp. Dadaïstes, surréalistes, etc.

Film : "Blow-up" d’Antonioni, 1966.
https://www.lesinrocks.com/…/debat-en-quoi-blow-dantonionn…/#
http://www.liberation.fr/…/blow-up-revu-et-inacceptable_161…
Un souvenir de lecture m'est revenu : une nouvelle de Julio Cortazar dont j'ai fait un résumé sur ce blog même. Je fais des recherches pour retrouver son titre dans une autre fenêtre et que lis-je sur Wikipédia (article : Les Armes secrètes, titre du recueil de 1959) ??? Que Blow-up d'Antonioni lui a été inspiré par..."LES FILS DE LA VIERGE" de JULIO CORTAZAR ! De verdad ! Incredible !
https://lirepourecrire.wordpress.com/2012/05/10/julio-cortazar-fils-vierge/
http://www.nuagesetvent.com/article-18408717.html
La nouvelle intégrale ici (merci à son transcripteur) : http://baisers.free.fr/cortazar.html

Julio Cortazar = mon amie andalouse Sira. De la Cité internationale. C'est elle qui m'a fait découvrir cet auteur argentin sur lequel j'ai voulu faire un mémoire de Littérature comparée pour pouvoir travailler à Buenos Aires. Je ne l'ai hélas jamais fait. La bibliothèque de la Maison d'Argentine de la CIUP porte désormais son nom.


Les Armes secrètes de Julio Cortazar, 1959.
Ce qui est encore plus étonnant (mais cela ne l'est pas), c'est que dans mon compte-rendu de lecture ci-dessous, je dis que la nouvelle "Les Fils de la Vierge" me fait penser à La Modification de Butor !
http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.fr/2010/11/les-armes-secretes-julio-cortazar-1958.html?zx=7a526f46803ba589

*Distinction entre photographie instantanée et photographie posée.
Un bon portrait représente le caractère, l’identité d’un individu perçu par le photographe.


Ex : Portrait de Baudelaire (avec un cigare) par Nadar.
http://viedelabrochure.canalblog.com/archives/2016/09/25/34365319.html
*Un photographe, à partir de ses propres photos, peut en apprendre davantage sur le réel que son intention initiale contrairement à ce qu’affirme Sartre. L’image fabriquée n’est pas un monde clos sur lui-même.
Conclusion/ouverture : à propos du sujet par rapport à l’image.
1.Mode de production.
Ex : Échographie. Mère obligée de solliciter les explications d’un expert.
On peut soi-même ne pas comprendre une image qui a été prise de soi. Dépendance de la médiation d’autrui en ce qui concerne l’image fabriquée.
2.Authentification.
La petite fille brûlée au napalm au Vietnam, 1972.
Ex 1 : petite fille vietnamienne courant sur une route, la chair brûlée par le napalm.
Cette image agit sur la conscience collective. Pouvoir dangereux car véhicule des idées fausses.
« Le 8 juin 1972, c’est en fait l’aviation sud-vietnamienne qui a bombardé le secteur de Trang Bang, persuadée que des Viêt Minh s’y cachaient ».
Source : http://zigzags.blogs.lindependant.com/la-petite-fille-au-napalm-a-40-ans-decryptage-d-une-image-qu.html
Travail remarquable d'un collègue d'histoire pour l'épreuve de l'Histoire des Arts :
http://histege.over-blog.com/article-la-petite-fille-brulee-au-napalm-1972-histoire-des-arts-3e-104744258.html

Ex 2 : Jorge Semprun : résistant. L’écriture ou la vie. Camp de Buchenwald. Dit qu’il est obligé de voir des photos pour être sûr d’avoir vécu des choses aussi horribles. Violence qui lui était étrangère. Lui a permis d’authentifier son vécu et son expérience désormais objectivés mais aussi de se sentir moins seul puisqu’il peut partager ce qu’il a vécu à travers ces photographies.
https://fr.wikipedia.org/wiki/L'Écriture_ou_la_Vie
https://www.babelio.com/li…/Semprun-LEcriture-ou-la-vie/6516
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jorge_Semprún

Musée Reina Sofia, Madrid, où Sira étudiait la phénoménologie, 2010.

Ex 3 : Guernica de Picasso : authentification du réel initialement à partir d’une photo également.

Une photo en amenant une autre, mon règlement de comptes avec Don Quichotte/Don Quijote chez lui, à Alcala de Henares et où...Sira vivait à l'époque, en 2010.
3.Interprétation.
Ex 1.
“Le Radeau de la méduse” de Théodore Géricault, Paris, 1818-1819.
https://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/le-radeau-de-la-meduse-la-veritable-enquete-policiere-de-gericault-242167
 Ex. 2.
Ces deux tableaux cultes sont perçus différemment selon les idéologies dominantes et les époques.
Ex 3 : 

« Gun » de William Klein, New-York, 1955.
Photo d’un enfant jouant avec une arme en joue instrumentalisée par ceux qui voulaient dénoncer la délinquance aux États-Unis alors que ce n’était pas l’intention initiale de Klein, à son plus grand désespoir.
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/265062
https://www.artsy.net/…/william-klein-gun-2-new-york-city-n…
http://www.polkagalerie.com/…/william-klein-travaux-new-yor…
http://eenbee.typepad.com/visualdelig…/…/galliano_klein.html

Le terminus (de la gare à chevaux), Alfred Stieglitz, New-York, 1893.
 *Coup d’envoi de la photographie esthétisante.
Premier grand cliché esthétique de l’histoire selon notre conférencier.
https://www.metmuseum.org/toah/works-of-art/58.577.11/
http://www.thestoryweb.com/stieglitz/
https://www.britannica.com/biography/Alfred-Stieglitz…
https://www.artsy.net/artwo…/alfred-stieglitz-the-terminal-1

Roland Barthes l’évoque dans La Chambre claire, Note sur la photographie, 1980.
Rien à voir mais j'adore et suis triste que ce portrait de Barthes ait été choisi.
http://www.jgypk.hu/…/tana…/A_francia/la_chambre_claire.html
https://monoskop.org/…/Barthes_Roland_La_chambre_claire_Not…

*Allusion à Edith Warthon, romancière américaine ? (Ou j’ai mal entendu).
Merci à l’intervenant, Monsieur Jean-François Riaux, un conférencier qui a la générosité de fournir des documents par mail à tous ceux qui le souhaitent (n'ai encore rien reçu car je n'ai pu assister à toutes ses conférences précédentes) :
https://www.collegedesbernardins.fr/int…/riaux-jean-francois

Je dédie ce compte-rendu à mon amie Sira, brillante chercheuse espagnole diplômée de l'EHESS et de l'INALCO ayant obtenu une des dix bourses nationales de recherches au CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Cientificas), l'équivalent de notre CNRS, à Madrid en 2010, ayant repris sa thèse au Maroc.
Sira, brûlant ses cours sur la phénoménologie, dans le quartier de Lavapiès, Madrid, 2010.







IMAGES PERSONNELLES DE PARIS.

Yossef, 29 rue Boyer, Ménilmontant, 75020 Paris.

Yossef, 29 rue Boyer, Ménilmontant, 75020 Paris.

lundi 19 février 2018

CHOCOLAT VEGAN AUX AMANDES ENTIERES EQUITABLE : WHAT ELSE ?


Mon rêve est de trouver partout en France des tablettes de chocolat au lait aux amandes entières sans pointe de sel de merde et pas caramélisées. Mais dans notre pays, je ne sais pas pourquoi, c'est inconcevable de concevoir des amandes entières simplement...Lindt, marque suisse, vend les barres de mes rêves dans les aéroports du monde entier, sauf que je ne voyage plus.... Alors par défaut, j'ai cette tablette vegan...Made in Suisse, que j'achète dans ma Ruche qui dit Oui le samedi. :)


Description :
Vegan et gourmand, fondez de plaisir pour l’onctuosité de ce chocolat aux amandes entières croquantes. Le lait a été remplacé par une préparation à base de sirop de riz et de noisettes moulues. Ce chocolat est 100% végétal, il convient à une alimentation végétalienne. Ce chocolat est idéal pour ceux qui préfèrent le goût du chocolat au lait en comparaison au chocolat noir...mais qui veulent du chocolat sans lait d'origine animale ! Les plus de ce chocolat : • Commerce Equitable • 41% de cacao • Sans lactose • Sans lécithine de soja = garanti sans OGM • 100% pur beurre de cacao • Origines certifiées : Ce chocolat est fabriqué à partir du cacao de République Dominicaine de la coopérative Cooproagro, de sucre de canne non raffiné du Paraguay de la coopérative Manduvira et de vanille de Madagascar. • Méthode de fabrication traditionnelle suisse : Notre chocolat est fabriqué par un maître chocolatier suisse. Une fois les fèves de cacao récoltées, fermentées et séchées, elles sont torréfiées puis très finement broyées. La masse de cacao est ensuite malaxée dans une concheuse traditionnelle pendant 72 heures (soit 3 à 6 fois plus que pour du chocolat avec émulsifiant). Cette méthode de fabrication, alliée à la sélection des meilleures ingrédients, donne à nos chocolats une extrême finesse et permet de développer toute la palette de nuances aromatiques du cacao.
Ingrédients :

Sucre de canne blond°*, beurre de cacao°*, amandes* (20%), sirop de glucose de riz*, pâte de cacao°*, noisettes* (3,5%), sel marin, vanille°*. Peut contenir des traces de lait. *Ingrédients issus de l’agriculture biologique. °Ingrédients issus du commerce équitable.

Source : 

Prix conseillé : 3.30€




mercredi 14 février 2018

CAFE LOCAL : LE NGOZI DU BURUNDI DE CAPUCH' A MONTREUIL.

Quand je découvre un café au goût délicieux, je n'hésite pas à le partager.
Je précise que ma première tasse de café fabuleuse était un moka d'Ethiopie dégusté au restaurant le Godjo rue Polytechnique dans le 5ème arrondissement. Un simple Moka d'Ethiopie de Leader Price selon le patron, je tiens à le dire...Et pourtant, je n'ai jamais retrouvé ce goût merveilleux, jamais.




Donc lorsque je vous dis que le café ci-dessous est très bon, vous pouvez me faire confiance : non seulement je suis difficile mais en plus je suis dénué de snobisme.
J'ai essayé de caractériser le goût de ce ngozi du burundi, mais même aidée du descriptif de la torréfactrice, je n'y ai pas réussi : il était juste très bon.
Mais attention, tout est une histoire de dosage sinon le goût diffère d'une préparation à l'autre. 
Pour une personne et deux tasses de café, je dois mettre trois doses de café (avec une cuillère spéciale café en inox) dans une bodum à piston.

NGOZI - BURUNDI (MOUTURE FRENCH PRESS)

CAPUCH' ― Montreuil, Seine-Saint-Denis

Fully Washed Arabica

« L' A m o u r e u x »

Arabica récolté entre 1600 et 1800m d'altitude.
Tasse enivrante sur des notes de caramel et de fruits rouges avec une fin de bouche florale... Humm

250g
Mouture: French Press/ Piston

Café de terroir torréfié à Montreuil par Julie dans le garage de Marine.
Conservation Garantie2 mois
250 g1 unité6,00 €24,00 €/kg

http://capuch.fr/ou-nous-trouver-cafe-depot-vente-office-du-tourisme-montreuil-93-les-tatas-flingueuses-boutique-agate-la-conquete-du-pain-la-ruche-qui-dit-oui-marche-place-republique-montreuil-capuch-le-micro-torrefa/

mardi 13 février 2018

LE SAINT-NECTAIRE, MON DEUXIEME FROMAGE PREFERE APRES LE COMTE.


J'ai toujours su que mon fromage préféré était le Comté mais alors le deuxième...Je n'étais pas sûre, juste que la Franche-Comté était ma région de fromages préférés (j'aime beaucoup le Mont-d'Or et le Morbier aussi).
C'est grâce à une dégustation de fromages organisée par une formatrice de fromagers que j'ai goûté un divin Saint-Nectaire fermier et que je peux désormais affirmer que c'est mon deuxième fromage préféré. Peut-être même qu'il va passer en premier dans mes goûts, c'est dire le coup de foudre pour ce goût terreux de la croûte mêlé au crémeux du corps qui se mariaient de façon heureuse (très) dans la bouche, mmmh.

C'est un fromage d'Auvergne ppnc ( à pâte pressée non cuite), AOC depuis 1955.

UN FROMAGE DE LÉGENDE

Si au Moyen-Age, les paysans réglaient leur seigneur en « fromage de gléo » ou « fromage de seigle » (car affiné sur la paille de seigle), c’est à partir de 1651-1670 que le nom de « fromage de Saint-Nectaire » a fait son apparition. Il fut longtemps considéré comme un fromage de « pays », réservé à l’usage domestique des producteurs.
Au XVIIème siècle, le Maréchal Henry de Sennecterre donna à ce fromage ses lettres de noblesse, en l’introduisant à la table du Roi de France Louis XIV. Le Saint-Nectaire eut alors les faveurs du Roi Soleil qui le faisait venir à dos d’âne et avec force bateliers pour régaler sa cour.
Durant la première moitié du XXème siècle, la production était uniquement fermière, caractéristique des petites et moyennes exploitations agricoles. Elle connut une régression entre 1929 et 1950 en raison de l’exode rural et de conditions de mécanisation déficientes.
Le Saint-Nectaire ne fit même pas partie de la première classification des fromages entreprise par le Ministère de l’Agriculture en 1934. Cette situation incita les producteurs à se regrouper afin de faire valoir leurs intérêts. Ainsi, en novembre 1935 fût créé le « syndicat d’Élevage et d’amélioration des Produits Laitiers des cantons de la Montagne de Besse et d’Issoire ».
En 1947, ce syndicat fonde la marque Saint-Nectaire.
En 1954, il se transformera en Syndicat des producteurs de Saint-Nectaire.
Le fromage obtient l’appellation d’origine contrôlée l’année suivante (1955). À partir de cette date, la production de lait augmente fortement (90 millions de litres en 1970). La délimitation de la zone de production du Saint-Nectaire supprime la concurrence de l’industrie laitière des autres régions de France.
En 2017, la vente de Saint-Nectaire fermier et laitier est de 14 000 tonnes, ce qui en fait la 3èmeAOP fromagère française au lait de vache et la première AOP fromagère fermière d’Europe.

Bon alors, mon top 7 sur un plateau de fromages :

1) Comté.
(mais trop tendre et fruité : j'aime pas).
Fromage "PPC" : à pâte pressée cuite.
Franche-Comté.
AOC 1958.
Produit dans le Massif jurassien, région aux saisons très marquées, le Comté ne peut être fabriqué qu’avec du lait cru provenant des vaches de race Montbéliarde ou Simmental française. Le nombre de litres de lait nécessaires pour obtenir une meule (450 litres en moyenne) incita les paysans, dès le Moyen-Âge, à mettre en place une forme originale d’organisation villageoise : les fruitières, sorte de coopératives avant l’heure. Fromage à pâte pressée cuite le Comté est affiné quatre mois au minimum. Mais certaines meules de ce seigneur des fromages sont affinées jusqu’à dix-huit, voire vingt-quatre mois. Il se caractérise par une étonnante diversité aromatique. Ses goûts nous parlent de ses prairies originelles, de sa saison, du tour de main particulier de son maître fromager, de sa maturation en cave d’affinage… Chaque meule de Comté est une histoire… et chaque histoire est différente.  

2) Saint-Nectaire. 
Fromage "PPNC" : pâte pressée non cuite.
Auvergne.
AOC 1955.
Ce rustique auvergnat connu pour sa pâte souple et moelleuse a connu les honneurs de la table royale de Louis XIV puisqu’il y fut introduit par un maréchal de France, Henri de Sennecterre. Si sa zone d’Appellation est l’une des plus petites de France (69 communes sur le Massif du Sancy, entre Puy de Dôme et Cantal), elle est située au coeur de la célèbre chaîne des volcans d’Auvergne et sa réputation n’est plus à faire. Ce fromage dont la croûte peut être grisâtre ou orangée est affiné de 4 à 6 semaines et ne laisse personne indifférent.

3) Brie (au Poivre).
Fromage "PMCL" : pâte molle croûte lavée.
Ile-de-France.
AOC 1980.

4) Gouda au Cumin.
Fromage "PPNC" : pâte pressée non cuite.
Hollande.

5) Un chèvre : oui, mais lequel ? 

a) Une bûche de Sainte-Maure de Touraine ?
Fromage  "PMCN" : pâte molle à croûte naturelle.
AOC 1990
Mentionné dès 1841 par Balzac, il se reconnaît facilement par la paille de seigle placée historiquement en son centre pour éviter que le fromage ne se casse. Parce qu’il fut longtemps contrefait, les producteurs de Sainte-Maure-de- Touraine gravent désormais au laser le nom de l’Appellation et le numéro d’identification du fabricant fromager sur la paille. Cendré avec du charbon de bois mêlé de sel, il est, selon la durée de l’affinage, proposé moelleux, demi affiné ou affiné.
https://www.fromages-aop.com/wp-content/uploads/Sainte-Maure-1.pdf
http://www.stemauredetouraine.fr/

b) Un Rocamadour ? 
Ce petit fromage de chèvre au lait cru entier, rond et plat fait partie de l’illustre famille des cabécous qui signifie en langue d’Oc, « petit fromage de chèvre ». Il fut d’ailleurs appelé pendant très longtemps, cabécou de Rocamadour avant de ne conserver que le nom de ce village situé au centre de l’Appellation. Il est réellement difficile de résister à cette petite gourmandise crémeuse dont on ne fait que deux bouchées. Généreusement étalé sur une tranche de pain légèrement toastée, c’est un concentré de plaisir.
http://www.aop-rocamadour.com/

Pour moi, l'un ou l'autre est idéal pour faire une délicieuse salade au chèvre chaud avec une vinaigrette à l'échalote, mmmmh !!!!

c) Ou un Chabichou du Poitou ?
Rien que pour mettre de la bonne humeur avec son nom.
http://www.chabichou-du-poitou.eu/le-chabichou-du-poitou-une-affaire-de-gout

6) Roquefort.
Fromage "PP" : Pâte persillée.
Midi-Pyrénées.
1ère AOC française : 1925.
Est-il encore nécessaire de présenter ce fromage dont la fabrication fut protégée par le Parlement de Toulouse dès 1666 et qui fut le premier à obtenir une Appellation d’Origine en 1925 ? Fabriqué à partir de lait cru de brebis, le Roquefort est un monument de notre patrimoine gastronomique. Parce que la légende est belle, on gardera en mémoire que c’est un berger qui abandonna son troupeau de brebis et son repas de pain et de caillé dans les caves de Cambalou pour suivre sa belle. A son retour, la moisissure avait recouvert le pain et métamorphosé le caillé en un fromage bleuté. Le Roquefort était né. 
http://www.soyez-roquefort.fr/

7) Le bonus qui change selon l'humeur, la saison, les invités, leur pays ou culture d'origine.
Exemples : Un fromage frais à la ciboulette ; un Queso manchego d'Espagne, etc. 
J'adore le Mont d'Or mais c'est cher...
Mes souvenirs de Queso manchego : avec Sira, por supuesto. Ou Aurélien ? J'ai un doute.
Premier Mont-d'Or : offert par une collègue de maths dont c'était la région d'origine.
Cheddar mature : avec Danielle, à Londres, je crois. 

Mes fromages préférés par région :

ALSACE.
Le Munster, ce n'est PAS mon truc (un des fromages préférés de Pierre).

AUVERGNE.
Cantal.
Saint-Nectaire.
J'aime les fromages d'Auvergne !

BASSE-NORMANDIE.
Pont L’Évêque : j'aime bien.

BOURGOGNE.
Époisses : à goûter mais c'est 10 euros minimum la pièce !
le 45ème AOC est le Charolais, fromage de Bourgogne.

CENTRE
Un chèvre parmi tous les chèvres...

CHAMPAGNE ARDENNES
Chaource, très crémeux.

CORSE
Pas encore goûté de fromage corse : je n'ai toujours pas le bonheur de connaître l'île de Beauté.

FRANCHE-COMTE.
Comté.
Mont-d'Or.
Morbier.
J'adore les fromages de Franche-Comté !

HAUTE-NORMANDIE.
Neufchâtel (en forme de cœur). Je l'achète vers mon anniversaire, pour la gaieté et la tendresse de sa forme. Son goût n'a pas d'intérêt spécial, il n'est pas mauvais. Encore heureux, avec une telle forme !

ÎLE-DE-FRANCE.
Brie de Meaux.
Brie de Melun.

LANGUEDOC-ROUSSILLON.
Beaucoup de chèvres, en bûches, crottins et pyramides.

MIDI-PYRÉNÉES.
Roquefort.
Mon plat préféré quand j'étais ado, c'était l'entrecôte sauce au roquefort avec des frites et des haricots verts au beurre, à l'ail et au persil dans un restau précis : Monsieur Bœuf, un restaurant repris par un de mes cousins en Nouvelle-Calédonie. A Paris, il faut choisir entre les frites ou les haricots et si on demande les deux, ça dépend vraiment du gérant ou du cuisinier du bistrot. Chez les bobos, c'est pire : chaque chose différente est un supplément. J'ADORE la sauce béarnaise, j'adore la sauce au poivre vert, j'adore la sauce maître d'hôtel, mais ma préférée restera celle au roquefort.

NORD-PAS-DE-CALAIS.
Maroilles (pas fan nature mais je l'adore cuisiné en tarte et en plat salé).

NORMANDIE.
Je n'aime plus le camembert, fromage de mon enfance.
En revanche, j'adore le Coulommiers (grâce à Arnab, un Indien de l'Aircup de la Cité internationale : il m'a appris à l'apprécier coulant avec des...CHIPS, mmmhhh !) mais il n'a pas d'AOC, qui m'explique ?

POITOU-CHARENTES.
Le Chabichou du Poitou est un bon chèvre parmi d'autres.

PROVENCE ALPE COTES D'AZUR.
Banon (chèvre) : jamais goûté.

RHÔNE-ALPES.
Abondance (Haute-Savoie).
Beaufort (Savoie).
Gruyère français (Savoie).
Reblochon (Savoie).
J'aime tous les fromages AOC de Savoie mais il y en a un que je ne connais pas et que je voudrais goûter : la tome des Bauges.
Le mot Tome a pour origine le terme « Toma » qui signifie en patois savoyard « fromage fabriqué dans les alpages ». Auparavant, La Tome des Bauges était avant tout un fromage domestique destiné à l’autoconsommation familiale. Elle était vendue localement sur les étals des marchands et servait aussi de monnaie d’échange. Aujourd’hui, c’est un fromage de plateau à part entière. La Tome des Bauges est étroitement liée à son terroir, le Massif des Bauges. 5 semaines d’affinage minimum lui permettent d’acquérir des arômes diversifiés, allant de lactiques à subtilement boisés.
L'Emmenthal n'a que l'IGP, je crois que c'est parce que l'AOP, c'est la Suisse qui la possède et j'ai appris un truc : l'emmenthal appartient à la famille des gruyères, au pluriel, oui.
C'est RONAN, un malicieux petit garçon de 3 ans dont j'étais la baby-sitter (fils d'un ami d'Anne de Haas, ma prof de maths au lycée en Nouvelle-Calédonie) qui m'a fait aimer l'emmenthal autrement que râpé : il me faisait couper de fines lamelles à n'en plus finir, j'en ai bien profité aussi ! Anne-Sophie L. avait également toujours un bloc d'emmenthal entier dans son frigo (non râpé) et nous coupait régulièrement des lamelles beaucoup plus grosses que celles de Ronan...

"PAIN, VIN ET BONNE CHAIR ! LA GASTRONOMIE AU MOYEN-AGE", Benoît Descamps, Lycée hôtelier Montaleau.

« Pain, vin et bonne chair ! La Gastronomie au Moyen-Âge"par Benoît Descamps, Docteur en histoire agrégé, chercheur au LAMOP (Laboratoire de Médiévistique Occidental de Paris), le mardi 13 février 2018 (Mardi gras).

En vrac, car le conférencier avait peu de temps et il est donc allé très vite. Si j'ai mal interprété ses propos, qu'il m'en excuse.

Divers péchés. Parmi les mauvaises pensées :

1) Gourmandise.
Gastrimargia / gula

2) Luxure
Porneia / fornicatio

3) Avarice
Phitagurial / avantia

4) Vaine gloire.


LES GOLIARDS : jongleurs du Moyen-Âge qui chantaient des poèmes d’ivrognes, considérés comme subversifs. Leur nom vient du géant Goliath dans la Bible. Ce site ne l’associe pas au péché de gourmandise "gula" (alors que le conférencier, si) :
Illustration : Abbaye bénédictine Beuer, Bavière.

Parmi les mauvais états :

1) Colère

2) Tristesse

3) Désespoir

4) Orgueil

Le Vin est un symbole européen et pas seulement chrétien (sang du Christ), de vie depuis l’Antiquité.

Bacchus : le vin rend puissant, heureux et éloquent.

La gula, la gourmandise, n’est associée au mal que lorsqu’elle suggère le "désir avec prédation".

La chère et l’esprit dans la culture alimentaire chrétienne.

Saint-Jérôme : le végétarien. Ascétisme monacal. Légumes pour libérer l’esprit.

Saint-Augustin : le pragmatique. Ne pas avoir à s’abstenir de viande.

Saint-Jean-Baptiste : celui qui mangeait des sauterelles dans le désert.

Soit trois interprétations idéologiques à partir des mêmes textes.

« Le péché de gueule » réfère au péché de gourmandise.

Conséquence du péché originel : la pomme, pourtant un végétal amène à l’abstinence de la viande, associée au plaisir : bonne, appréciable, symbole de vie.

Explication plus pragmatique : les nobles mangeaient trop, donc diète.
En effet, l’archéologie révèle des traces de graisses qui témoignent d’une diversité alimentaire au MA.

En période de carême (40 jours après Mardi gras), les riches (dont les abbés) mangeaient des poissons fins tels que le carrelet, alors que les pauvres (mais aussi les moines), des harengs marinés.
Les bons Chrétiens : poisson tous les vendredis.
Les extrémistes : mangent maigre le mercredi, le vendredi et parfois même le samedi.
Réflexion perso : je devrais les imiter, pas sur les jours mais sur la fréquence.
Junk food autorisée : lundi et vendredi.
Cuisine obligatoire : Mercredi (légumes ou poisson), samedi (poisson) et dimanche (viande).
Maigre : mardi (légumes ou pâtes sauce tomate) et jeudi (légumes ou pâtes sauce tomate).


Texte sur Charlemagne et le fromage. Charlemagne ne mangeait pas la croûte. Un évêque lui fit remarquer qu’il manquait le meilleur. Plus tard, il fut chargé d’envoyer des caisses de fromage qu’il avait goûtés avant en leur centre et qu’il devait piquer sur une broche. Deux versions du texte cependant : soit le mot clef est traduit par "croûte", soit par "persillé"...

Cuisinier célèbre du MA : Guillaume Tirel dit Taillevent, cuisinier de Charles V et Charles VI, au XIVème siècle.

Christophe Colomb : tomate, pomme de terre, maïs, courgette, etc.

Bibliographie de référence :

Jean-Louis Flandrin : L’Histoire et l’Alimentation au Moyen-Âge.

Odile Redo, Françoise Sabban et Silvano Serventi : La Gastronomie au Moyen-Âge, 150 recettes de France et d’Italie.

Les couleurs avaient une importance dans la cuisine et les sauces, très variées et légères.
Les sauces médiévales, à base de pain et d’amandes, substituées par le beurre et la farine aujourd'hui, étaient beaucoup plus légères et diététiques.

https://www.la-cour-des-saveurs.com/fr/108-sauces-medievales



Exemple 1 : le blanc-manger, plat de couleur blanche à base de poulet, de sucre et d’amandes (parsemé de graines de grenade).
http://www.anachronique.fr/blog/?p=1996

La recette originelle (le lien ne marchant pas dans le lien précédent à mon plus grand regret) :
Ingrédients (pour deux personnes) :
1 gros blanc de poulet (300-350g)
35g de poudre d’amandes
2 cas de crème de riz (ou 1 cas de farine de riz et 1 d’eau)
du mascarpone (j’ai remplacé par de la crème)
2 cas de sucre en poudre
des pépins de grenade (facultatif)
Pocher le poulet dans de l’eau (je pense qu’on peut aussi utiliser un mélange d’eau et de vin blanc, assez classique à l’époque).
Quand le poulet est bien cuit, l’égoutter et l’effilocher. Hacher la chair au mixer avec la poudre d’amandes et la crème de riz.
Remettre le hachis dans une casserole pour faire épaissir avec la crème. Dresser en forme de dôme (faites des petits dessins si ça vous amuse), saupoudre chaque assiette d’une cuillère de sucre. Décorer éventuellement avec des pépins de grenade, et servir aussitôt.
Source (merci à son auteur) : http://www.kleoinparis.com/2016/02/blanc-manger-recette-medievale/

Exemple 2 : La sauce Cameline, de la couleur du chameau, à base de cannelle et de pain grillé.

Ingrédients
- pain grillé
- cannelle
- autres épices : gingembre, poivre, coriandre, girofle...
- verjus
- sel
Préparation
Piler le pain grillé avec les épices, le verjus, le sel et un peu d'eau. Ajuster au goût.

Source (merci à son auteur) : http://saveurpassion.over-blog.com/2017/09/trois-sauces-medievales-la-verte-l-aillee-la-cameline.html

N.B. : Le pain était le liant principal à l’époque, beaucoup moins riche que l’œuf d’aujourd’hui.

L’importance du verjus dans les sauces au Moyen-Age (de « jus vert », jus acide issu de fruits verts) fait découvrir un des sites les plus riches en recettes de sauces médiévales :

http://voyageurs-du-temps.fr/Fabrication-utilisation-usage-des-sauces-a-base-d-epices-et-plantes-aromatiques-moyen-age-medieval_869.html

La recette du verjus (qui nécessite de jeunes grains de raisin vert) : http://cookingout.canalblog.com/archives/2015/07/07/32321529.html#c72718366

Les riches consommaient des épices variées, exotiques et chères.







Marqueur social : « les graines de paradis ».
https://www.epicetoo.fr/blog/10_La-maniguette-ou-graine-de-Paradis.html
http://www.grainsdeparadis.com/savoir-3.php


Sur les épices en général :
http://www.oldcook.com/medieval-epices


Jean Favier, De l’or et des épices.




Illustration : Le Combat de Carnaval et de Carême de Pieter Brueghel l’Ancien.


Une centaine d’espèces de poissons disparues aujourd’hui dont on n’a plus que les noms dans les recettes médiévales…Ils mangeaient des dauphins, des tortues, etc.

L’ordre des mets au Moyen-Âge.
Support littéraire : une farce, un fabliau de 1320 intitulé « Des Trois Dames de Paris » de Watriquet de Couvin, un ménestrel du XIVème siècle.
La distinction sucré / salé ne structure pas encore le repas au Moyen-Âge (sera le cas au XVIIème).

1er service : l’Apéritif.
Des échaudés, sortes de petits gâteaux chauds.

2ème service : le Rôt.
2 oies rôties bien grasses, 1 grand plat d’ail et des gâteaux.

3ème service : La Desserte.
(les desserts qu’on sert sur la desserte).
Des amandes pelées, du fromage, des noix, des poires, des épices, du vin, des rissoles (beignets).

4ème service : l’Issue / Yssue.
Des oublies, sortes de gaufres et hypocras (vin au miel et aux épices)
Hypocras :
https://www.lesepicesrient.fr/04/2015/vin-hypocras-cocktail-medieval-aux-epices-royales/
Oublies
Du latin oblata (chose offerte), les oublies se vendaient dans les rues.
Il vous faut un gaufrier pour réaliser cette recette.
INGRÉDIENTS
250 g de miel
250 g de farine
2 œufs
30 g de beurre
Faites fondre 250 g de miel dans 10 cl d’eau froide. Mettez 250 g de farine dans une terrine, creusez un puits, ajoutez deux œufs entiers, remuez en incorporant petit à petit l’eau avec le miel.
Faites fondre 15 g de beurre, incorporez-le a la pâte en mélangeant très rapidement, la pâte doit pouvoir être roulée sous la main.
Formez une trentaine de petites boules. Faites chauffer un gaufrier à feu vif, beurrez-le, placez-y une boule de pâte, fermez en appuyant fortement, regraissez votre gaufrier toutes les 4 ou 5 cuissons.
Chauffez votre gaufrier 45 secondes, retournez-le et faites de même.
Servez chaud ou froid suivant les goûts.
Source (merci à son auteure) : http://www.vivianemoore.com/pages/recettes.htm
5ème service : le Boute-hors.
Aquamanile : graines de poivre enrobées d’anis (je remarque que c’est une pratique toujours en cours dans les restaurants indiens).

Les services sont bien expliqués et plus détaillés ici : http://www.oldcook.com/medieval-dessert

Théorie des humeurs d’Hypocrate de Cos (IVème siècle av JC) et de Galien (IIème siècle).


http://histoires-de-sciences.over-blog.fr/2017/08/hippocrate-gallien.des-quatre-elements-aux-quatre-humeurs.html

http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/into.htm

Dénominateur commun dans la cuisine médiévale, tous milieux sociaux confondus : LE PAIN.
D’où le mot companage, ce qui accompagne le pain et donc, copain.

https://fr.wiktionary.org/wiki/companage

https://www.la-cour-des-saveurs.com/fr/132-pain-medieval

http://expositions.bnf.fr/gastro/enimages/salle3/page3.htm

On le trempe dans le bouillon de la soupe, c’est le souper.

Consommation à Arles en 1450 : 1,6 kg par jour et par personne (pain blanc à base de froment).

Famine : pain à base d’orge et d’avoine.
Pauvreté : pain à base de seigle.
Ordinaire : pain à base de froment.

Boisson au miel : le bochet.

Première classification des vins de France : « La Bataille des vins », poème d’Henri d’Andéli de 1224.

Pour revenir à nos trois dames de Paris, elles sont expertes en vin. L’une préfère le vin de rivière, l’autre, le grenache (vin espagnol) et la troisième, je n’ai pas entendu. Elles finissent par manger des harengs salés, qui ne sont qu’un prétexte pour boire davantage (à cause du sel) et faire rire puisque le décalage est grand entre ce met modeste et le véritable festin qui les précède.

Vins d’Auxerre, de Beaune et de la Rochelle (ancêtre des vins de Bordeaux), sont estimés à l’époque.

Arles, 1430 : 2,5 litres de vin par jour et par personne mais titrage alcool très faible, entre 4 et 6 degrés, comme le cidre.
Cette grande consommation s’explique en partie par l’eau qui était de mauvaise qualité : les gens préféraient prendre de l’eau dans la Seine plutôt que de la puiser dans les nappes phréatiques, plus polluées à l’époque qu’aujourd’hui.

La hiérarchie sociale des aliments au Moyen-Age : du ciel vers la terre.

a) Hiérarchie chez les végétaux.
1) Poire (fruit aérien)
2) Chou (sur une tige)
3) Épinard (partant d’une racine)
4) Panais (racines)
5) Ail (bulbes)

b) Hiérarchie chez les animaux.
1) Petits oiseaux
2) Oies grasses
3) Mouton
4) Bœuf
5) Porc

Cuisson : La viande était bouillie pour l’attendrir puis rôtie.

Illustration : « Le Viandier de Taillevent » (fausse attribution, il n’en est pas l’auteur).

Rappel : au départ, la viande désignait toute denrée alimentaire, la chair (carne en espagnol) puis la viande. Le rôt en sauce réjouit la vue, le goût (et l’odorat).

Chère ou chair ?
https://lemondedufrancais.com/2012/02/21/la-chere-la-chair-ou-la-chaire/

Sauce aillée rose : ail + raisin.
Ingrédients
  • 30 gousses d'ail
  • 100 Gr d'amandes mondées
  • 50 Gr de mie de pain
  • 100 Cl de jus de raisin

Préparation

  • Broyez les amandes, l'ail et le pain. Ajouter le jus de raisin. Laisser cuire jusqu'à épaississement. Tamiser au chinois.
Source (merci à son auteure) : http://www.crapaudine.com/Sauce-aillee-rose.asp

La cuisine de la conciergerie où a officié le cuisinier Taillevent vient d’être restaurée à Paris.

À Paris précisément, ville d’abondance et de luxe, il y avait une diversité incroyable de métiers alimentaires, dont les « vivandiers »*, vendeurs de fast-food médiéval. Par exemple, des petits pâtés chauds vendus dans la rue, Rive droite.

*ÉTYMOLOGIE

Bas-lat. vivenda, toute espèce de nourriture, d'où viande (voy. ce mot).
La rue des Ours dans le IIIème arrondissement (entre Étienne Marcel et Rambuteau) par exemple, était la rue des rôtisseurs d’oies, la rue des OYERS. C’est un agent qui s’est trompé et a changé « oyers » en « ours »…

Les trois dames de Paris finissent au Cimetière des Innocents (aux Halles, actuelle place Joachim du Bellay), enterrées sous des déchets et des immondices et réclament encore : « à boire et des tripes ! ».

Ce n’est pas seulement un fabliau à la morale misogyne, c’est aussi une histoire qui permet de connaître les normes, les habitudes alimentaires et les produits du Moyen-Âge.

Marco Polo est allé en Chine pour des raisons religieuses mais aussi économiques dont la proximité des épices.

À partir du XVIème siècle, c’est la dénonciation du sucre, on distingue le sucré du salé et le cours des épices s’effondre au XVIIème, le sucre étant considéré par ailleurs comme une épice dès le Moyen-Âge, vendue sous forme de pain, vendue comme un médicament chez les apothicaires aux nobles.

Le vin pétillant n’apparaît qu’au XVIIIème siècle.

« Le XVIIe siècle et la cuisine classique française »
Le règne de Louis XIV voit éclater une véritable révolution culinaire en France. Le règne des épices s’effondre et la séparation du sucré et du salé est consacrée

Rappel : le mot français « sucre » vient de l’italien « zucchero » qui vient de l’arabe « soukar » qui vient de l’hindi « sarkara ». Le sucre est connu dès le XIème siècle (apogée au XVème siècle) en Sicile. L’Inde est le premier pays producteur de sucre issu de canne à sucre au monde, savoir-faire exporté en Chine.

• 1095-1291 : Les Croisades et la volonté des chrétiens d’Occident de reconquérir la Terre Sainte vont contribuer à diffuser plus largement encore la canne à sucre.

• Dès la première croisade (1096-1099), les pèlerins font la découverte du sucre, qu’ils rapportent dans leur pays. « Ce sont ainsi les croisés qui, à partir du XIIe siècle, vont faire véritablement connaître le sucre à la population européenne. » Certains deviennent à leur tour planteurs, notamment dans les îles de la Méditerranée reprises aux Arabes.

Sources :

http://www.lesucre.com/sucre-de-a-a-z/histoire/frise-chronologique.html

http://journals.openedition.org/remmm/6363

Au XVème siècle, les Anglais sont les plus grands consommateurs de sucre car ils avaient plus de mal à l’obtenir (colonisation de l’Inde seulement au 18ème).

Le poivre est connu depuis le XI-XIIème siècle grâce à l’Indonésie (et les Pays-bas ?).

Article complet super bien illustré : 

https://www.pariszigzag.fr/histoire-insolite-paris/que-mangeaient-les-parisiens-au-moyen-age 

Sites de recettes médiévales parmi d’autres :

http://www.crapaudine.com/Tip18Library.asp

http://www.vivianemoore.com/pages/recettes.htm