Un blog pour se remuer les neurones et se secouer les fesses !
Un blog pour encourager tous ceux qui n'ont pas envie de se laisser aller avec non-garantie de succès, ni pour eux, ni pour moi-même. ;-)

mercredi 5 mai 2010

NATATION 3

Piscine Hébert.
Début : 13h39
Fin : 15h moins qq chose.
Distance parcourue : 90 longueurs X 25 mètres = 2 km 250 mètres en 2 heures ce qui veut dire que j'ai été PLUS LENTE que d'habitude, ce qui m'énerve, mais bon, ce qui compte c'est de faire du sport, n'est-ce pas ?
Niveau poids, j'ai réussi à rattraper mes écarts de grignotage, mais l'idéal ce serait vraiment de nager deux fois par semaine parce que sinon je vais passer mon temps à refaire la même chose et à osciller entre 58 et 59 kg :
Poids avant : 58,500 kg.
Poids après : 58 kg.
Objectif : 53 kg.
Mais j'ai pas déjeuné, donc là, gros bol de fromage blanc en perspective et ce soir, je vais mieux manger pour avoir de l'énergie pour la journée de demain.

DOLLS de Takeshi KITANO, 2002.





Chef d'oeuvre raté. Ni excellent, ni bon, ni mauvais.

C'est un film qui marque esthétiquement parce qu'il est bien structuré narrativement, que les images sont sublimes et la musique aussi (les tambours japonais, les Taïko, notamment fascinent : je veux apprendre à en jouer maintenant, mais c'est 20 euros le cours et c'est à Montreuil...).

Il manque pourtant quelque chose pour que ce film soit un chef-d'œuvre complet : on ne s'attache pas vraiment aux personnages, à aucun des personnages. C'est la seule chose qui manque selon moi, mais c'est subjectif, bien sûr.

L'histoire :
3 histoires se croisent, un peu comme les Iñarratu ou les Austin Maupin en littérature et sans doute beaucoup de gens avant eux.

1) Les amants mendiants
Un jeune homme va se marier avec la fille du patron pour satisfaire les ambitions de ses parents qui lui ont payé des études supérieures mais pour cela, il doit quitter sa petite-amie qu'il aime et avec qui il était même fiancé.
Celle-ci fait une tentative de suicide le jour de son mariage et devient folle. Prévenu par des amis en commun, il court la voir à l'hôpital et abandonne sa fiancée, sans se marier donc, et plaque tout : son travail, sa famille, pour s'enfuir avec celle qu'il aime on the road.
Mais rien de romantique : elle ne retrouve pas la raison...trop traumatisée...et bientôt l'argent vient à manquer, et ils vont faire les poubelles pour manger...errer sans cesse, en toutes saisons (d'où les images magnifiques du film : leur errance est filmée à travers les quatre saisons, avec un environnement et des costumes pour les deux acteurs sublimes !), marchant sans cesse enchaînés et droit devant eux...devenant de plus en plus vides et n'ayant que quelques flashbacks de leur relation amoureuse passée comme seule source d'émotions, la fille étant devenue vraiment folle et incapable de se conduire normalement comme avant.
Un peu "les Amants du Pont Neuf" (film magnifique) version rurale japonaise, si vous voulez.

2) Le Yakuza à la retraite.
Etant plus jeune et ouvrier, il avait une petite-copine qui lui faisait à manger tous les samedis midis. Mais un jour il lui dit qu'il s'en va pour gagner plus d'argent et lui demande de ne pas s'inquiéter pour lui et de vivre sa vie : bref, il la quitte.
Elle pleure de toute son âme et lui promet de l'attendre sur ce banc tous les samedis midis avec un bento prêt pour lui.
Cet homme devenu vieux, s'est retiré du milieu mafieux et est revenu dans sa ville natale. Il voit avec stupeur que sa petite-amie de sa jeunesse, devenue aussi âgée que lui, est toujours là ce banc à attendre avec deux paniers repas (elle finit toujours par donner le 2ème en rentrant chez elle au vieux garçon d'à côté, son voisin...).
Il ne lui dévoile pas son identité mais finit par déjeuner avec elle et ils sont heureux. Il apprécie notamment ses œufs de cabillaud grillés. Au moment où il sort super heureux de son dernier rendez-vous avec elle...(je ne raconte pas).

3) Le fan frustré.
Un vieux garçon trentenaire seul et fan -de façon psychotique- d'une chanteuse pop mignonne à la con, ne supporte pas qu'elle ait vécu un accident qui ait mis fin à sa carrière. Il se crève les yeux pour ne plus la voir parce qu'il souffre trop. Il va lui rendre visite...

Quel est le fil directeur de ce film ?
L'amour. L'amour malheureux.

Dans l'histoire 1 : Les amants ne peuvent pas s'aimer parce que la jeune femme est devenue folle à cause de la trahison du jeune homme. Ils ne peuvent plus vivre leur amour comme avant d'autant plus qu'ils n'ont plus rien matériellement pour vivre.
Est-ce que cela aurait pu se passer différemment ? Bien sûr que oui : il aurait pu trouver un nouveau travail, la prendre avec elle. Il n'aurait pas dû partir sur la route comme ça.

Dans l'histoire 2 : Ils ne peuvent pas s'aimer parce que l'ancien Yakuza est quand même un Yakuza. Au final, tout ça c'est de la faute de l'argent : s'il n'avait pas été aussi frustré d'être un pauvre ouvrier en étant jeune, il ne serait pas devenu un Yakuza. De toute façon, il ne l'aimait pas profondément étant jeune, c'est vieux qu'il aurait pu être heureux avec elle.

Dans l'histoire 3 : Le fan ne peut pas être aimé parce qu'il aime cette chanteuse de façon malsaine par rapport à son âge. C'est un homme-enfant avant tout très seul, mal dans sa peau. C'est l'amour le plus pathétique parce que non-réciproque.

Je ne me suis attachée à aucun des personnages, et c'est bien ça qui me déçoit.

Seule l'histoire 1 m'a au moins émue par la façon habituelle de Kitano de filmer l'amour : l'amour averbal, qui ne passe pas par les mots, mais les attentions, les actes, les silences complices, les rires complices pour des choses bêtes.
C'est ce que j'adore vraiment chez Kitano, cette façon ultra-sensible personnelle et japonaise à la fois, de filmer l'amour. Nous les Français, nous sommes tellement dans le bla bla, que c'est sublime de voir ça. Donc le seul acteur que je retiens, c'est celui qui joue le jeune homme, qui se sent tellement coupable de ce qu'il a fait, qu'il est ultra-attentionné avec la jeune femme devenue folle par sa faute. Quand il pleure et la prend dans ses bras très fort, c'est émouvant aussi.

Un film de Kitano à voir en tout cas, parce que ça frôle vraiment le chef-d'œuvre esthétique.

Le titre du film "Dolls" fait référence aux marionnettes du théâtre japonais montré au début du film qui conte l'histoire des "amants enchaînés".
Le théâtre de marionnettes japonais s'appelle le "Bunraku".
Pour se cultiver un peu :
http://www.marionnettes.ca/documentation/histoire/japon.php
http://www.unesco.emb-japan.go.jp/htm/vf/focus_documents_sharing.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bunraku

Pourquoi ce film ?
1) Parce que je n'ai pas de sous pour le voir à la Rétrospective de Kitano au Forum des Images en ce moment (6 euros le film et il y en un par semaine depuis mars jusqu'en juin 2010...j'ai même raté Kitano à Paris...)
2) Parce que j'ai vu Hana-Bi et Aniki, mon frère et que j'ai adoré.
3) Parce que l'exposition "Gosse de Peintre" de Kitano est à la fondation Cartier en ce moment, que je suis allée la voir avec Solène et que je l'ai adorée.
4) J'admire énormément Kitano qui je le répète a réalisé tous les rêves de ma vie. C'est un artiste polyvalent capable autant de légèreté que de profondeur, de comique que de tragique, de kitsch que de beauté. Je le hais.

dimanche 2 mai 2010

GOSSE DE PEINTRE, de Beat Takeshi Kitano, Fondation Cartier, avec Solenn, mai 2010.



L'installation "dinosaure" : un dinosaure au milieu géant, une question sur une pancarte : "Pourquoi les dinosaures sont-ils une espèce en voie d'extinction ?", et plusieurs réponses autour : "Parce qu'ils continuent à fumer" (c'est ce panneau que je voulais prendre, ma réponse préférée, et c'est là que qu'on m'a engueulée) ; d'autres réponses comme : "Parce qu'ils n'ont pas le sens du rythme", et donc celle que j'ai prise en photo à la dérobée : "Parce qu'à papier-ciseaux-pierre, ils font toujours ciseaux" et tant d'autres que j'ai oubliés.

Dans le cadre du cadeau annuel de Solenn pour son anni (expo + déjeuner), ses 29 ans, nous sommes allées voir l'expo "Gosse de Peintre" de Beat Takeshi Kitano, à la Fondation Cartier (14ème) qui lui a donné carte blanche.

Quel dommage que je n'aie pas eu le droit de prendre des photos !!!

Bon, ce que j'ai aimé (Solenn n'a pas aimé) : son humour bien sûr.


J'ai aussi adoré l'installation "aquaculture" : des poissons géants dans l'eau, ventre ouvert avec des sushis déjà tout faits dedans avec le panneau : heu...je m'en souviens plus exactement, mais à peu près "Les résultats de la biotechnologie dans l'aquaculture au Japon" (ce n'est pas ça, mais à peu près ça).

J'ai adoré le panneau indiquant que l'œuvre ancienne qu'on pouvait voir sous la vitrine avait été importée du Japon pour la première fois à cette exposition et qu'elle était d'une valeur inestimable et en fait quand on touche la vitrine ou je ne sais quoi, l'objet se casse la gueule devant vous.

J'ai adoré une peinture où l'on voit 4 fenêtres d'un appartement : celui en haut à gauche, un couple hétéro heureux qui dîne ensemble ; à droite une femme seule à poil avec un chat ; en bas à gauche un couple hétéro qui s'envoie en l'air (on voit juste les têtes) ; en bas à droite, un couple gay qui s'envoie en l'air (on voit juste les têtes qui nous font comprendre que l'un prend l'autre par derrière).
J'ai adoré l'aspect suggestif des activités du couples du bas. Et le pathétisme de la femme seule à poil, qui représente la solitude féminine dans toute sa splendeur avec son chat, et dont la nudité suggère l'onanisme.
J'aurais ADORE acheter l'affiche, mais je ne sais pas pourquoi, ce n'est JAMAIS ce pour quoi j'ai eu un vrai coup de cœur qui est vendu en affiche (et même pas en carte postale non plus pour me consoler !), c'est toujours un truc dont je n'en ai rien à foutre !

(Pour l'anni de So l'an dernier, c'était pareil avec l'expo David La Chapelle au musée de la monnaie, je voulais le mec sublime avec les petites poupées musulmanes, mais l'affiche n'existait PAS !) (et y compris "Two figures in the grass" de Bacon avec Danielle).

J'ai adoré aussi bien sûr les peintures des animaux-fleurs de Hana-Bi. Je commence tellement à perdre la mémoire que j'ai dit à Solenn : "Oh c'est génial, j'ai vu ces peintures quelque part et je les avais trouvées géniales et je ne savais pas que c'était Kitano qui les avait faites !", sauf que la blonde a oublié qu'elle avait vu Hana-Bi il y a deux semaines, pas deux mois, deux ans...DEUX SEMAINES, lol !

J'aurais adoré acheter les cartes postales, mais non, ça n'existait qu'en objets d'art, à 1000 euros ou plus je ne sais plus, bref, de toute façon je n'en voulais pas en objets. Je les voulais en cartes postales.

Voilà, moi j'ai été enchantée parce que j'admire énormément cet homme qui fait ce que moi je rêve de faire et que je ne fais pas : des films, des peintures, des dessins, des installations, des shows, de la politique, du sérieux, du tragique, du comique, du laid, du beau, de l'intelligent, du con, des livres...J'admire énormément Kitano pour tout ça, parce que je n'y arrive pas. Mais il m'a clairement motivée pour la peinture.

Solenn n'a pas aimé, j'en suis triste, mais elle a quand même apprécié le panneau du papier-ciseaux-pierre de l'installation "Dinosaure" et aussi l'installation "sons + dessins" : trois catégories,  musique ; paysage, heu...je sais plus, bref 9 sons, on en choisit un et on dessine sur des rectangles aimantés et après on met son oeuvre sur un grand panneau géant qui recense les dessins par catégorie et par son. C'est GÉNIAL comme idée ! C'est juste que j'ai pas aimé les sons et que mon dessin était nul donc que je n'étais pas contente (j'ai choisi des sons urbains).

Ah oui et j'ai aussi adoré le concept d'avoir le droit de faire du paintball sur un Dinosaure en bois SEULEMENT SI on avait le tampon d'un dinosaure derrière son ticket d'entrée : je l'avais pas et j'ai fait chier Solenn pour qu'elle retrouve le sien à tout prix, mais sans succès ! Un tampon toutes les heures seulement...Ouuuuinnnnns !!!

Vous savez ce que j'ai adoré à cette expo, moi ? C'est que j'ai retrouvé mon âme d'enfant.
Je suis triste que So (parce que c'était son cadeau d'anniversaire quand même) n'ait pas eu la même émotion.

Dialogue :
Moi : "Madame, j'ai vu que des gens avaient une édition spéciale, je peux en avoir une, s'il vous plaît ?"
La Dame : "C'est pour les enfants, je suis désolée Madame."
LOL !!!

vendredi 30 avril 2010

Crime et Châtiment de Fedor Dostoievski, 1866 (suite et fin). "A la dialectique s'était subtituée la vie".



Bon, alors je continue "le résumé" de l'histoire avec la 4ème partie (sachant que je n'ai plus lu mais survolé le livre, vive Daniel Pennac) :
- Rupture des fiançailles entre Dounia et Loujine.
Le fiancé, Pierre Petrovitch Loujine, avait bien stipulé dans sa lettre qu'il ne voulait pas que le frère de Dounia, Rodion, soit là à leur premier rendez-vous à Saint-Petersbourg. Mais bien sûr, il vient. Disputes. Chantage affectif. Dounia dit qu'elle n'a pas à choisir entre son frère et lui. Rupture de fiançailles.


5ème partie :
- Enterrement et fête de l'homme mort écrasé par les chevaux.
Catherine, sa veuve semble devenir folle. Pierre Petrovicth fait un coup vraiment mesquin : il met un billet dans la poche de Sonia (Sophie), la fille de l'homme écrasé afin qu'elle soit accusée de vol. Pourquoi ? Parce qu'il avait sous-entendu que Rodion la fréquentait (elle est prostituée), et comme la mère et Dounia avaient fait confiance en leur fils et frère plutôt que lui, il a donc voulu la compromettre...Mais c'est...le gros pervers du village de Dounia qui sauve Sonia : il témoigne qu'il a vu Loujine mettre un billet dans la poche de la jeune fille à son insu et c'est Raskolnikov qui comprend pourquoi.
La mauvaise conscience de Raskolnikov est trop lourde, il se confie à Sonia et lui dit tout. Au lieu d'en être choquée et de réagir en conséquence, elle tombe follement amoureuse de lui (ah, les femmes...).
Catherine complètement devenue folle, meurt. Un homme bon se charge de tout et envoie les deux orphelins laissés dans des familles ou l'hospice je ne sais plus, quant à Sonia, il lui donne de l'argent.

6ème partie :
- Razoumikhine prévient Rodion que Dounia avait l'air perturbée par une lettre mystérieuse.
- Interrogatoire de Porphyre Pétrovitch (le juge chargé d'instruction) qui essaye de faire craquer Raskolnikov psychologiquement.
- Raskolnikov soupçonne Svidrigaïlov (le gros pervers qui embêtait sa sœur) d'être venu la suivre à Saint-Petersbourg pour la harceler de nouveau. Il s'entretient donc longuement avec lui et essaye de le prévenir de ne rien tenter. Celui-ci lui raconte sa vie conjugale passée longuement et lui dit qu'il est fiancé à présent à une très jeune fille dont il fait le récit des fiançailles d'une façon libidineuse (passage à la Nabokov sans avoir lu Nabokov : un vieux s'excite comme un fou sur une très jeune fille) et donc qu'il n'a pas à s'inquiéter mais il précise que contrairement à ce que pense Rodion, c'est Dounia qui l'a cherché. Il sait également tout à propos du crime de Raskolnikov : sa chambre donne sur celle de Sonia et il entend tout à travers les murs peu épais. Ils se séparent car Svidrigaïlov est pressé de partir.
- Et pour cause...Il a rendez-vous avec Dounia...qui est venue bêtement à ce rendez-vous car il lui a dit qu'il avait des révélation sur "le crime" de son frère dans une lettre (c'était lui). Résultat, il la séquestre si elle ne cède pas sexuellement...Heureusement, elle arrive à s'en sortir grâce à une arme à feu qu'elle avait apportée, elle tire mais le rate. Finalement, elle jette le révolver et le supplie de la laisser s'en aller. Il le fait.
- Suicide de Svidrigaïlov dans la rue ; pendant ce temps, Raskolnikov se rend et avoue tout à la police.
Il ne reconnaît toujours pas le mal qu'il a fait et croit toujours en ses idées. Pour lui, son seul crime, c'est d'avoir été lâche et de n'avoir pas pris l'argent et d'avoir culpabilisé.

EPILOGUE
Razoumikhine est avec Dounia
Sonia rend visite à Raskolnikov tous les jours pendant 7 ans.
Au début, il ne l'aime pas, mais au fur et à mesure il se rend compte de son dévouement et de tout le mal qu'il lui a fait et a fait (son crime) et finit par l'aimer de tout son cœur : "A la dialectique s'était substituée la vie".

(Je n'ai pas fini de copier les citations ultra-longues)

CONCLUSION : ce qui m'a intéressée dans ce livre, au-delà du débat sur la culpabilité ou non d'un homme dans un crime, débat intéressant voire majeur bien sûr, c'est surtout cette idée de vivre selon des principes, ses principes, ses idées toute sa vie jusqu'au bout ou de vivre tout court, se laisser aller et ne pas réfléchir. Moi c'est ça qui m'a le plus intéressée. Parce que la conclusion du livre, c'est de se laisser vivre et de ne pas gâcher son existence avec ses principes. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, pour moi en tout cas.

jeudi 29 avril 2010

Psycho d'Alfred Hitchcock, 1960. // Anthony Perkins, un grand acteur oublié. "We're all in our private traps, clamped in them".

La seule scène dont mon inconscient se souvenait, c'était la scène de la douche qui m'avait traumatisée, dont j'avais vu une explication à "Universal Studios Hollywood" avec mes parents à Los Angeles. Inutile de dire que je n'ai rien retenu de l'explication. Les voyages forment la jeunesse sauf qu'Alzheimer commence jeune aussi.

Ma mère est une fan d'Hitchcock donc j'en ai vus pas mal quand j'étais petite mais je ne les ai jamais regardés adulte (sauf Vertigo à la fac dans un cours génial de cinéma).
J'ai donc revu "Psycho" hier soir, le jeudi 29 avril 2010.
Et j'ai vraiment eu peur. J'ai pas pu regarder une scène.

Anthony Perkins est juste un des meilleurs acteurs de tous les temps dans ce film.
Je viens de lire vite fait sa bio sur Wikipedia :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Perkins , et je suis triste de savoir qu'il n'a jamais pu briller ensuite dans d'autres films et révoltée de savoir aussi qu'il n'a gagné aucun prix pour ce film : moi je dis, on devrait créer des prix posthumes, des réparations du passé. (Céline recevrait ainsi le prix Goncourt et non je ne sais plus qui à sa place).

J'ai toujours adoré les films d'horreur, comme ma mère, donc.
Et à mon plus grand désespoir, mon ex avait plus peur que moi, donc je ne pouvais jamais réaliser mes fantasmes de me réfugier dans ses bras, puisque c'était l'inverse qui se produisait, ce qui m'a toujours énormément frustrée. Exemple : Rosemary's Baby. J'ai dû le protéger tout le long du film...alors que ce film ne fait même pas peur.

Le mec de ma vie aimera les films d'horreur et c'est moi qui me réfugierai dans ses bras.
Mais ça se trouve, je ne le rencontrerai jamais et ça, ça me fait bien plus peur qu'un film d'horreur, en fait, non, ça me fait pas peur, ça me rend triste.

Citation du film :"We're all in our private traps, clamped in them".

Crime et Châtiment de Fedor Dostoievski, 1866.

Je mets tout sur le compte de la traduction. Qu'est-ce qui me déplaît ? Le fait qu'il n'y ait que de l'histoire, de l'histoire, et pas de STYLE. Or comment juger le style d'un auteur à partir d'une traduction je vous le demande ?
Bref. On comprend enfin qu'il se n'agit pas seulement d'une histoire interminable sans intérêt, mais d'un roman à thèses intéressant, à partir de la page 284...
Le roman pose la problématique suivante : "Les hommes supérieurs, ceux qui ont plus de raison que les autres, ont-ils le droit de tuer, de commettre des crimes pour le bien de l'humanité ?".
Voilà, s'en souvenir pour la culture G, lol....

Résumé (parce que je vais oublier, c'est sûr) :
 
1ère partie : Le héros, Rodion Romanovitch Raskolnikov, dit affectueusement "Rodia" par ses proches ou "Raskolnikov" par le narrateur, est un étudiant sans le sou qui a été obligé d'abandonner ses études. Il ne paie plus son loyer, il ne mange plus. Il va dans un bar pour oublier, lui qui ne boit pas beaucoup, et rencontre un homme dont le vice est l'alcool et qui lui raconte que sa fille, se prostitue pour lui payer son alcool, qu'il dépense tout l'argent de sa fille pour boire.
Rodion est tellement désespéré qu'il a recours à une prêteuse sur gages cupide et vend entre autres la montre en argent de son père défunt, un bien auquel il était attaché. L'usurière profite ainsi de nombreuses personnes sans le sou obligées de lui vendre des objets de valeur personnels à moindre coût.
Entretemps, sa mère lui a écrit une lettre pour lui raconter des tas de malheurs qu'a endurés sa soeur, Dounia, avec un vieux dégueulasse qui voulait tromper sa femme avec elle, mais que finalement tout va bien car elle va se marier avec un mec riche mais con et qu'elles espèrent (sa fille et elle) qu'il pourra reprendre ses études grâce à ce mariage et travailler avec son futur beau-frère. Il en est malade.
Il en est tellement malade, il est tellement en colère du sacrifice de sa sœur pour lui, prête à sa sacrifier sa vie de femme avec un homme qu'elle n'aime pas à cause de l'argent pour lui, qu'il décide de tuer la vieille prêteuse sur gages, symbole de toute cette société injuste, pour le bien de l'humanité, mais aussi pour la voler.  Il la tue à coups de hache en ayant préparé son coup à l'avance mais se débarrasse finalement des biens volés. La sœur de l'usurière, vieille fille gentille laide et innocente, arrive de façon imprévue dans la pièce et il la tue aussi parce qu'il n'a pas le choix. C'est le CRIME.

2ème partie : Le héros tombe gravement malade : il délire en permanence quand il est éveillé et dort le reste du temps. C'est son ami Dimitri Prokofitch Razoumikhine, un ancien étudiant aussi dans la précarité, qui prend soin de lui pendant tout ce temps, avec son jeune ami médecin, Zossimov qui pense que Raskolnikov est fou.
Entretemps, le fiancé de Dounia est arrivé faire la connaissance de Raskolnikov qui l'envoie chier vertement et le fiancé repart tout traumatisé et offensé.
L'homme qu'il avait rencontré au début du roman meurt dans un accident parce que trop ivre, il n'a pas bien regardé la route et s'est fait écraser par les chevaux d'un fiacre. Raskolnikov donne tout l'argent que sa pauvre mère avait mis tant de mal à obtenir pour lui, à sa veuve et ses enfants : 35 roubles. Acte de générosité (Raskolnikov est décrit comme un être ayant toujours été généreux) ou tentative de rachat ? Sans doute les deux.
Entretemps, la mère et la soeur arrivent et Raskolnikov les accueille de façon très froide et méprisante envers l'idée de sacrifice de sa sœur, qui en est très blessée. Razoumikhine met tout sur le compte de sa maladie et fait de son mieux pour arranger les choses. Il tombe amoureux de Dounia.
 

3ème partie : ENFIN, on comprend le pourquoi du comment de cette histoire dans le chapitre V, le motiv de l'histoire. C'est LA THESE du roman.
Razoumikhine, a un parent juge d'instruction chez qui ils se rendent, Porphyre Petrovitch, qui dit qu'il a lu un article de Raskolnikov (qui ne savait même pas qu'il avait été publié, ce qui représente donc de l'argent) disant que les esprits supérieurs avaient le droit de commettre des crimes, ce qui choque tout le monde.
Son idée principale étant que, cert hommes de génie ont changé la vie des hommes et ont dû détruire des choses anciennes pour cela :
 

"Les fondateurs et les législateurs de l'humanité, à commencer par les plus anciens et en passant par les Lycurgue, les Solon, les Mahomet, les Napoléon et ainsi de suite étaient tous jusqu'au dernier des criminels, ne serait-ce que pour la seule raison qu'en instaurant une nouvelle loi, ils enfreignaient par là même l'ancienne, pieusement conservée par la société et transmise par les ancêtres, et qu'ils ne s'arrêtaient bien entendu pas davantage devant le sang, si seulement le sang pouvait leur être de quelque secours. Il est même remarquable que la plupart de ces bienfaiteurs de l'humanité aient fait verser des fleuves de sang", p.286.

« Je crois seulement en mon idée maîtresse. Elle consiste en ceci que selon les lois de la nature, les hommes se divisent en deux catégories : l’inférieure (les êtres ordinaires), c’està-dire en quelque sorte le matériau ne servant qu’à la procréation de ses semblables, et les hommes proprement dits, c’est-à-dire ceux qui ont le don ou la talent de dire, dans leur milieu, une parole nouvelle.
Les subdivisions sont bien entendu en nombre illimité, mais les traits distinctifs des deux catégories sont assez tranchés : la première catégorie, c’est-à-dire le matériau, est composé de gens conservateurs de nature, pondérés, qui vivent dans l’obéissance et aiment obéir.
A mon avis, ils ont aussi bien le devoir d’être obéissants et il n’y a là absolument rien d’humiliant pour eux.
Dans la seconde catégorie, tous transgressent la loi, tous sont des destructeurs ou portés à l’être selon les capacités. Les crimes de ces hommes sont bien entendu relatifs et multiformes ; pour la plupart, ils exigent sous des formes très diverses, la destruction de ce qui est, au nom de quelque chose de meilleur.
Mais si, pour leur idée, il leur faut enjamber même un cadavre, du sang, à mon avis ils peuvent en bonne conscience se donner eux-mêmes la permission de le faire, du reste en fonction de l’idée et de son envergure, notez cela. Ce n’est que dans ce sens que je parle dans mon article de leur droit au crime. », p.287


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J'ai décidé maintenant que j'allais sauter le plus vite possible tous les passages juste pour savoir la fin, parce qu'à part ce petit passage philosophique intéressant, il n'y a que de l'histoire, de l'histoire et de l'histoire et moi l'histoire, ce n'est pas qu'elle me fait chier, mais elle traîne en longueurs, puisque sans style particulier, je n'ai aucun plaisir à lire une histoire. Si au moins c'était drôle, comme Dumas ; ou que ça faisait peur comme King, mais là...
 
Pourquoi ce livre ?
J'ai toujours pensé que ce qui manquait à ma culture générale -entre de nombreuses choses !- c'était une connaissance de la littérature russe : Dostoievski, Tchekov, Gogol, Nabokov (qui m'a jamais donné envie). Donc je suis allée voir "l'Idiot" au théâtre de la Madeleine, il y a fort longtemps (1999), j'avais bien aimé mais je me souviens plus du tout de l'histoire...
 
Ensuite j'avais parlé de ce complexe culturel à Aïcha qui m'avait dit que son livre préféré de Dostoievski c'était "les Frères Kamarov" (loué par Freud aussi), mais je ne l'ai pas trouvé d'occasion.
 
J'ai lu les  "Âmes mortes" de Nicolas Gogol trouvé dans une librairie près de la Montagne noire, à côté de Carcassonne, un village de livres. J'ai bien aimé l'idée (l'idée de vouloir acheter des âmes via des tombes), je n'ai pas détesté l'atmosphère de ce roman (le but principal de ce livre étant de décrire le milieu des notables dans la campagne russe, comme Flaubert de Madame Bovary si vous voulez : ce milieu est vil, bas et faux évidemment) mais je n'ai pas retenu ce livre comme ayant marqué ma vie : j'ai voulu le revendre d'occasion (preuve suprême chez moi de manque d'amour pour un roman, de déception) et je crois que je l'ai laissé chez mes ex-beaux-parents, je ne sais pas où il se trouve actuellement.

Je suis allée voir des pièces de Tchekov, mais je n'ai rien retenu ; j'ai lu quand même "les Trois sœurs" avec le TNS dans le cadre d'un stage, mais j'ai trouvé ça hyper désuet et d'ailleurs je ne me souviens plus de rien non plus.

Enfin, c'est l'expo "Crime et Châtiment" en ce moment au Musée d'Orsay (que je n'irai pas voir) + je l'ai trouvé d'occasion à 3 euros à Gibert Joseph. Voilà.

Le Portrait de Y.



Aujourd'hui, j'ai concrétisé une pulsion qui me trottait dans les veines depuis un certain temps : j'ai fait le portrait au pastel de Y. à partir de sa photo que j'adore, piquée sur son MySpace parce qu'il ne m'a pas envoyé la bonne photo au bon format.

Je ne prétends pas être une artiste, donc c'est un portrait raté et bâclé (le but étant chez moi d'assouvir ma pulsion, donc d'achever aussi vite que j'ai commencé), mais je l'ai fait : je prétends faire.

Il n'est en rien ressemblant à la photo originale qui m'a servi de modèle (où il est beaucoup plus beau, je précise) et je suis triste d'être dépourvue de talent, mais c'est ainsi.

Afin de ne pas moi-même me méprendre quand j'aurai la maladie d'Alzeihmer (et dieu sait que je déforme TOUT, tous mes souvenirs depuis que j'ai à peu près 28 ans...) : je ne l'ai pas fait parce que j'étais amoureuse de lui.

Je l'ai fait parce que j'avais besoin d'exorciser ma peine à avoir le cœur vide, à ne plus aimer personne et à ne plus être aimée de personne.

La dernière fois que j'ai dessiné un portrait, ce n'était pas celui d'un plan cul dont j'ai senti une âme singulièrement belle, mais celle d'un homme que j'aimais et qui m'aimait, et ce n'était pas à partir d'une photo volée sur un MySpace, c'était à partir de la vraie vie, lui en train de dormir devant moi, à la Réunion.
J'avais fait ce portrait avec tout mon amour.
Celui-ci, je ne l'ai pas fait avec amour, je l'ai fait avec tristesse de ne plus avoir cette chance d'aimer et d'être aimée. Je l'ai fait par frustration, donc de ne rien ressentir de tel.

Je l'ai fait aussi parce que je le trouvais très beau, pas seulement "beau" au sens physique, mais beau dans le sens où j'ai vu sa sensibilité s'exprimer à travers certaines expressions de son visage, et que cette sensibilité m'a -beaucoup- touchée.

Ce n'est pas facile à expliquer avec des mots aussi réducteurs que "beau" et "belle". C'est difficile d'échapper au discours mièvre. C'est objectivement de l'ordre de la sensation subjective que moi je trouve objective.

Je n'ai pas été amoureuse d'une âme que je ne connaissais pas.
J'ai désiré mieux connaître une âme, c'est différent.
Ce n'est pas de l'amour, merde (je dis ça car de nombreuses personnes ont du mal à se sortir de la collection Harlequin dans leurs schémas mentaux).
C'est du désir, du désir spirituel au-delà du désir physique.
Hélas, ce n'était pas réciproque. Mon âme a pris un râteau.
C'est dur d'être touché par quelqu'un alors que ce n'est pas du tout réciproque.

J'ai écrit une lettre datée d'aujourd'hui en me promettant à moi-même de lui envoyer ce portrait lorsque je serai enfin amoureuse de quelqu'un qui le sera de moi aussi de façon réciproque, bref, lorsque j'aurai enfin ce bonheur, cette chance, de revivre l'Amour. Le vrai, le beau.

Une histoire de cul révèle toujours que rien ne vaut une histoire d'Amour.
Si j'avais voulu dramatiser j'aurais dit :
Une sordide histoire de cul révèle toujours que rien ne vaut une belle histoire d'Amour.
Que préférez-vous ?

*Avec du recul sur toutes les bêtises plus grosses que moi que je lui ai dites et que je me suis dites à moi-même pour m'auto-convaincre que je ne l'étais pas, j'étais tout bêtement amoureuse... mais je ne voulais tellement PAS l'être, que je l'ai dénié furieusement de façon absurde.
Je le savais mais je n'en avais pas conscience...
J'avais demandé pardon, mais le mal avait été fait. Bête et méchante, je ne l'ai jamais autant été de ma vie envers un être humain.
De seconde chance, il n'y en aura pas eu comme je l'aurais voulu et je ne m'étais pas franchement améliorée non plus. Je n'ai eu que ce je méritais.

Notre relation physique aura duré du 25 décembre 2009 au 22 juillet 2010 (six mois), et aura officiellement fini début octobre.

Je n'ai jamais autant excellé dans la contre-communication verbale de toute ma vie : dire tout l'inverse de ce que l'on a dans le cœur. Je ne me connaissais pas cette aptitude, mais je suis très forte à ce jeu.
Je ne m'en vante pas : c'est une des compétences les plus nulles que je n'ai jamais eues.